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18/02/2018 14:06 EST | Actualisé 18/02/2018 14:08 EST

Accident d'avion en Iran: les opérations de recherche de l'appareil suspendues

Elles reprendront lundi à l'aube.

Tasnim News Agency / Reuters
Des proches des présumées victimes de l'accident d'avion se sont rassemblés à Semirom, en Iran, dimanche.

Les autorités iraniennes ont suspendu dimanche soir les opérations de recherche d'un avion de ligne disparu avec 66 personnes pendant une tempête de neige au-dessus de montagnes dans le sud-ouest de l'Iran.

La télévision d'Etat a annoncé peu après 21h heure locale que les recherches de l'ATR 72 de la compagnie iranienne Aseman Airlines, à environ 500 km au sud de la capitale iranienne, reprendraient lundi dès l'aube si les conditions météorologiques le permettent.

La combinaison de la nuit, de chutes de neige, de pluies et du vent violent rendent les opérations impossibles à ce stade, a-t-elle précisé.

Le vol EP3704 d'Aseman Airlines, qui assurait la liaison entre Téhéran et Yasouj, a décollé de l'aéroport Mehrabad à 08h heure locale avec 60 passagers, dont un enfant, et six membres d'équipage.

Il a disparu des radars environ 45 minutes plus tard alors qu'il survolait les monts Zagros et approchait de sa destination.

L'Organisation de l'aviation civile iranienne estime que l'avion s'est écrasé mais le point d'impact de l'appareil n'a toujours pas été localisé et on ignorait les causes exactes du crash.

Les 66 personnes à bord sont présumées mortes, même si, compte tenu de la difficulté à localiser l'appareil ou ce qui en reste, Aseman Airlines a indiqué ne pas être en mesure de "confirmer la mort de tous les passagers".

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a, lui, adressé un message de condoléances aux familles des personnes à bord de l'avion.

La France, l'Union européenne et la Russie ont également adressé des messages de condoléances.

Retard propice

A Téhéran, des proches de passagers du vol EP3704 se sont réunis dans une mosquée proche de l'aéroport Mehrabad. "Je n'arrive pas à y croire", s'est lamentée une femme dont le mari avait embarqué à bord de l'avion.

"Les circonstances de l'accident restent inconnues à ce stade", a indiqué à l'AFP à Paris un porte-parole d'ATR, filiale conjointe de l'avionneur européen Airbus et du groupe italien Leonardo.

"Si besoin, il y aura participation du BEA" (Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile) à l'enquête iranienne, a-t-il ajouté.

Cité par l'agence Tabnak, un homme ayant manqué l'avion a déclaré: "Dieu a vraiment été bon envers moi, mais tout mon coeur pleure ces personnes qui ont perdu la vie". Sans révéler son identité, l'agence a publié une photo de lui montrant son billet d'avion non utilisé.

L'agence officielle Irna a publié le témoignage d'un autre homme qui a raconté avoir renoncé à se rendre à l'aéroport après avoir pris connaissance du bulletin météorologique. Compte tenu du très mauvais temps, "j'étais persuadé que le vol serait annulé", a-t-il dit.

Une flotte vétuste

Le dernier accident grave d'un avion civil en Iran remonte à 2014, quand 39 personnes avaient été tuées dans le crash d'un Antonov 140 de la compagnie iranienne Sepahan, peu après son décollage de l'aéroport de Mehrabad.

Trois ans plus tôt, en 2011, un avion civil s'était écrasé dans le nord du pays faisant près de 80 morts.

Les sanctions imposées pendant de nombreuses années par les Etats-Unis, l'ONU et les pays européens ont empêché les autorités iraniennes d'acheter des pièces de rechange ou des avions occidentaux pour renouveler la flotte civile du pays, dans un état vétuste.

L'industrie du transport aérien était soumise à un embargo américain depuis 1995, empêchant les compagnies d'acheter des avions civils ou des pièces détachées et les forçant à clouer au sol une partie de leur flotte.

Cet embargo a été partiellement levé par l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 par l'Iran et le Groupe des Six (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie).

Il a permis la suspension d'une partie des sanctions internationales contre Téhéran en échange de garanties apportées par la République islamique pour prouver qu'elle ne cherche pas à se doter de l'arme atomique.