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17/02/2018 15:41 EST | Actualisé 17/02/2018 15:41 EST

Un leader micmac insulté par le nom d'un parc

Pour John Joe Sark, le fait d'accoler un mot micmac au nom de Jeffrey Amherst est dénigrant pour son peuple

AFP/Getty Images

Un membre du conseil traditionnel micmac, John Joe Sark, qualifie de «grave insulte» l'ajout d'un terme autochtone à côté du nom Amherst dans la dénomination d'un site historique de l'Île-du-Prince-Édouard.

Le leader spirituel de la nation micmaque dénonce la décision de Parcs Canada d'ajouter le mot «skmaqn» dans le nom du lieu historique national de Skmaqn–Port-la-Joye–Fort-Amherst près de Charlottetown.

La ministre responsable de Parcs Canada, Catherine McKenna, a fait l'annonce officielle de la nouvelle dénomination par voie de communiqué vendredi.

Pour John Joe Sark, le fait d'accoler un mot micmac au nom de Jeffrey Amherst est dénigrant pour son peuple, alors que le général britannique a ordonné ou suggéré la distribution de couvertures infestées de variole aux Micmacs dans les années 1700.

Catherine McKenna a soutenu, vendredi, que le mot «skmaqn», qui veut dire «le lieu d'attente», tirerait son origine du milieu du XVIIIe siècle alors que les leaders micmacs et français se retrouvaient chaque année pour renouveler leur alliance militaire.

D'après le communiqué de Parcs Canada, la ministre dit avoir obtenu l'appui de la Confédération des Mi'kmaq de l'Île-du-Prince-Édouard afin que la Commission des lieux et monuments historiques du Canada adopte le nouveau nom.

L'an dernier, une porte-parole de Parcs Canada avait indiqué, par courriel, que l'endroit ne commémore pas et ne célèbre pas les actions du général Jeffery Amherst.

La porte-parole Audrey Champagne justifie la décision de conserver le nom Amherst par le lien qui associe le lieu avec le siège du gouvernement britannique au milieu des années 1700. Une justification que John Joe Sark juge historiquement fausse.

L'ancien maire de Montréal, Denis Coderre, a annoncé en septembre qu'elle retirera le nom Amherst d'une de ses rues, et le Amherst College, au Massachusetts, a décidé l'an dernier de ne plus faire référence au militaire britannique dans ses documents ou à titre de mascotte.