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17/02/2018 13:30 EST | Actualisé 17/02/2018 13:30 EST

Ottawa cherche des experts pour identifier des militaires disparus au combat

Le programme identifie des dépouilles de soldats et organise des cérémonies d'inhumation depuis 2007.

aetb via Getty Images

Le ministère de la Défense nationale est à la recherche d'experts en analyse d'ADN et de thanatologues afin d'aider à la récupération, à l'identification et à l'organisation de funérailles pour les quelque 28 000 soldats canadiens disparus au combat.

Cette équipe d'anthropologues judiciaires, d'archéologues et de généalogistes devrait venir en aide au programme d'identification des pertes militaires en analysant des échantillons d'ADN prélevés sur les corps de soldats canadiens retrouvés partout dans le monde.

Le programme identifie des dépouilles de soldats et organise des cérémonies d'inhumation depuis 2007.

Le contrat actuel des Forces armées canadiennes avec la maison funéraire torontoise MacKinnon et Bowes prendra fin sous peu et deux tentatives de trouver de nouveaux soumissionnaires ont déjà échouées.

La coordonnatrice de l'identification des victimes au ministère de la Défense nationale, Sarah Lockyer, dit espérer qu'un entrepreneur se manifeste rapidement, alors que sa petite équipe ne peut continuer d'effectuer elle-même toutes les analyses d'ADN.

Depuis qu'elle a pris les commandes du programme en 2015, les restes de 22 membres des Forces armées canadiennes ont été découverts, incluant un corps retrouvé au début du mois dans la région de Lens, en France, à moins de dix kilomètres au nord de Vimy. Toutefois, seulement quatre individus ont pu être identifiés jusqu'ici.

«Habituellement, les ossements sont découverts grâce aux nouvelles méthodes d'agriculture ou pendant des travaux de construction», explique l'anthropologue judiciaire. Elle précise que la grande majorité des dossiers proviennent de Belgique ou de France.

Sarah Lockyer effectue deux voyages par année en France afin d'inspecter les restes découverts. Elle rapporte alors des échantillons, des bouts d'os, afin de les analyser.

Ces os sont envoyés dans un laboratoire pendant qu'un généalogiste se met à la recherche de possibles descendants dont l'ADN pourrait concorder.

Avec l'aide d'historiens capables de déterminer combien de militaires ont été portés disparus ou sont décédés dans la région où les ossements ont été retrouvés, Mme Lockyer dresse une courte liste de victimes potentielles.

Les familles des candidats inscrits sur la liste sont ensuite invitées à fournir un échantillon d'ADN. Si les deux échantillons concordent, une cérémonie de funérailles militaires est organisée et une pierre tombale est mise en place.

«Il s'agit de leur redonner leur identité et leur nom. Jusqu'à maintenant, ils sont anonymes. Ils sont sans visage», mentionne Sarah Lockyer.

«Pouvoir leur redonner leur identité et une pierre tombale appropriée avec leur nom dessus plutôt que l'inscription de Canadien inconnu représente tout un privilège et un honneur», confie la responsable du programme.

L'an dernier, l'équipe de Sarah Lockyer a pu identifier le corps d'un Manitobain de 22 ans, le soldat Reginald Johnston, mort au combat en août 1917, durant la Première Guerre mondiale, près de Lens, en France.

Ses funérailles ont été célébrées en août dernier à Loos-en-Gohelle, en France, 100 ans après sa mort.

Les soumissionnaires souhaitant se joindre au programme ont jusqu'au 12 mars pour déposer leur candidature.