POLITIQUE
17/02/2018 11:48 EST | Actualisé 17/02/2018 18:49 EST

Congrès du NPD: Jagmeet Singh a remporté haut la main le vote de confiance des délégués

M. Singh semble avoir rallié une majorité de militants qui avaient appuyé d'autres candidats lors de la dernière course.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a dénoncé "l'entente secrète" entre Netflix et le gouvernement fédéral dans un discours samedi après-midi devant les 2000 délégués néo-démocrates réunis en congrès à Ottawa.

"Trouvez-vous normal de donner à une entreprise américaine la responsabilité du développement culturel canadien ?", a-t-il demandé en insistant sur le fait que cette entente ne donnait aucune garantie de contenu francophone ou autochtone.

Il s'est attaqué au gouvernement Trudeau qui a accordé des "règles privilégiées" aux entreprises étrangères, alors que les entreprises culturelles locales doivent composer avec d'autres règles.

Les géants du Web, comme Netflix, devront contribuer pour payer des taxes et des impôts comme toutes les entreprises canadiennes, selon lui. C'est pourquoi s'il forme un gouvernement en 2019, le NPD mettrait fin à ce congé fiscal.

Une position qui se démarque de celle qu'avait adoptée le parti durant la campagne électorale de 2015. Thomas Mulcair avait affirmé que le parti n'avait aucune intention d'imposer une telle taxe en réponse à une vidéo de l'ex-premier ministre Stephen Harper. Ce dernier soutenait que seul le Parti conservateur était contre une taxe Netflix.

Dans son discours, M. Singh a souligné que même si l'économie canadienne se porte bien, de nombreux Canadiens ont encore de la difficulté à joindre les deux bouts à cause de la précarité des emplois.

"Pour lutter contre les inégalités, il faut nous attaquer au système fiscal qui est truqué en faveur des ultra-riches et nous assurer que les sociétés et les mieux nantis contribuent à leur juste part, a-t-il affirmé. Les taxes et les impôts sont un investissement pour construire une société plus juste."

Il a également proposé de faire de l'internet un service public, de lutter contre la privatisation des infrastructures, de mettre sur pied des programmes universels d'assurance-médicament et de soins dentaires. Ces suggestions ont galvanisé les délégués qui se sont levés à plusieurs reprises pour l'applaudir.

Jagmeet Singh a dénoncé la haine et insisté sur le besoin de lutter contre l'intolérance et la discrimination sous toutes leurs formes, un problème qu'il a lui-même vécu.

"Que ce soit l'attentat terroriste à la grande mosquée de Québec, l'islamophobie ou le populisme haineux, nous avons la responsabilité de confronter l'intolérance et la discrimination partout, tout le temps", a-t-il affirmé déclenchant une nouvelle salve d'applaudissements.

Vote de confiance

Jagmeet Singh a remporté haut la main le vote de confiance des délégués qui s'est déroulé moins de six mois après son élection à la tête de la formation politique.

En vertu de ses statuts et règlements, le NPD doit obligatoirement tenir un vote de confiance à chacun de ses congrès qui ont lieu tous les deux ans.

Ils ont rejeté à 90,7 pour cent la tenue d'une nouvelle course à la direction et ont ainsi renouvelé leur confiance envers leur nouveau chef. M. Singh semble ainsi avoir rallié une majorité de militants qui avaient appuyé d'autres candidats lors de la dernière course.

Ce congrès néo-démocrate est le dernier avant la prochaine campagne électorale prévue en 2019. Le NPD espère créer un élan et trouver le moyen de se distinguer des libéraux.

Le parti a réussi jusqu'à maintenant à éviter les déchirements sur la question des oléoducs qui divise les néo-démocrates de la Colombie-Britannique et de l'Alberta. Les résolutions contre l'exploitation pétrolière n'ont finalement pas été débattues en plénière.

L'application de la taxe de vente aux géants du Web comme Netflix pourrait toutefois devenir une nouvelle pomme de discorde. Si l'idée plaît aux néo-démocrates québécois, elle semble moins intéresser le reste du Canada.

La chef du NPD de l'Ontario, Andrea Horwath, qui était l'une des invitées du congrès, ne l'a pas applaudi lorsque La Presse canadienne l'a questionnée.

"Les gens ont de la difficulté à payer leurs factures dans plusieurs parties du pays, c'est certainement le cas en Ontario", a-t-elle signalé tout en reconnaissant qu'il revenait aux partis fédéraux de décider.