POLITIQUE
17/02/2018 18:13 EST | Actualisé 17/02/2018 18:13 EST

Le salaire de 95 000$ de Martine Ouellet suscite des questions

Certains députés bloquistes s'inquiètent de la santé financière du parti.

LA PRESSE CANADIENNE

DRUMMONDVILLE – La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, aura un salaire annuel «tout à fait raisonnable» de 95 000$ à partir du moment où elle délaissera son rôle de députée de Vachon à l'Assemblée nationale, au mois d'octobre.

«C'est juste tout à fait normal d'avoir un salaire», a fait valoir Mme Ouellet, en marge du conseil général du Bloc à Drummondville, samedi. Elle ajoute qu'elle ne comprend pas pourquoi il y a eu autant de «discussions» à ce sujet cette semaine.

Le travail «transparlementaire» de Mme Ouellet prendra fin de façon définitive le 1er octobre, jour des élections provinciales. Elle recevra ensuite une allocation de départ qui pourrait atteindre jusqu'à 150 000$ pour son travail comme députée de Vachon.

Cela ne l'empêche pas d'obtenir un salaire pour ses fonctions de chef du Bloc, dit-elle. «Avez-vous déjà vu un député donner son allocation pour faire du bénévolat pendant une année complète? Je pense qu'on n'a pas à demander ça en politique.»

Le doyen du caucus, Louis Plamondon, se dit d'accord avec le salaire de Mme Ouellet même si des chefs bloquistes dans le passé se sont contentés d'un salaire symbolique de 25 000$ par année. Il soutient que le Bloc a maintenant effacé ses dettes et a une bonne santé financière.

De toute façon, dit-il, le salaire de Mme Ouellet n'est qu'une mesure temporaire jusqu'à ce qu'elle tente de se faire élire aux élections fédérales en 2019. «C'est une vision à court terme parce qu'en octobre, l'élection va être dans un an», a-t-il indiqué en entrevue.

Des craintes pour le fonds électoral

D'autres membres du caucus bloquiste ont exprimé des réserves sur la capacité du Bloc d'offrir un tel montant à Mme Ouellet.

S'il soutient qu'il n'a «rien à dire» sur le salaire, le député Luc Thériault veut s'assurer que le parti «puisse limiter tout ce qu'on peut limiter en termes de dépenses et qu'on puisse engranger un fonds électoral».

Sa préoccupation, dit-il, c'est que le Bloc ait «l'argent nécessaire» pour mener la prochaine campagne électorale. M. Thériault déplore le fait que le parti ait «manqué d'élan en 2015», notamment dans le dernier droit de la campagne électorale de 78 jours.

«Si je me compare à 2014-2015, on est en retard. Beaucoup», indique-t-il.

«On n'est pas les plus riches, mais on n'est pas les plus pauvres non plus, indique pour sa part son collègue Michel Boudrias. On a une bonne santé financière.» Concernant le salaire de sa chef, il soutient qu'«il y a des frais liés à une charge comme celle-là».

Questionné à ce sujet, le député Simon Marcil a simplement répondu par un haussement d'épaules.

L'adoption du budget et des objectifs de financement ont été menés en huis clos.