BIEN-ÊTRE
17/02/2018 11:13 EST | Actualisé 17/02/2018 11:13 EST

Jonathan Anderson fait souffler un vent d'optimisme sur la Fashion Week

La grisaille menace? Soyons «optimistes»!

La grisaille menace? Soyons "optimistes"! Jonathan Anderson a présenté une collection tout en confort et en couleurs samedi à la Fashion Week de Londres, quelques heures avant le très attendu défilé d'adieu de Christopher Bailey pour Burberry.

C'est dans une caserne de briques rouges du centre de la capitale britannique que le jeune créateur, considéré comme l'un des plus doués de sa génération, a convié quelque 400 invités, journalistes, acheteurs et VIP.

Dans les rangs, on croise aussi bien la papesse de la mode Anna Wintour que la jeune comédienne et mannequin française Aymeline Valade.

Pour la collection automne-hiver 2018-19 de sa propre marque, J.W. Anderson, qui fête ses dix ans, le styliste, également directeur artistique du maroquinier de luxe Loewe, a embrassé une des grandes tendances du moment: la fusion des défilés hommes et femmes.

Galerie photoCollection automne-hiver 2018-19 de J.W. Anderson Voyez les images

Plus logique sur le plan commercial, plus pratique en termes logistiques, a-t-il expliqué devant la presse, soulignant que "de nombreuses femmes achètent (des vêtements) homme, et vice versa".

Ce sont donc des mannequins de deux sexes qui défilent pour une collection que le créateur a voulu tournée vers "l'optimisme".

En témoignent des jupes et robes amples et confortables portées nonchalamment avec des sneakers à lacets blancs XXL ou des bottines en daim.

Les femmes J.W. Anderson cultivent une élégance nostalgique: en grand amoureux des modes d'antan, le styliste puise dans l'insouciance des années folles avec des pièces inspirées des robes Charleston, ou dans l'utopie des sixties avec des hauts à motif Paisley portés sur des jupes asymétriques.

Connu pour son souci du détail, Jonathan Anderson orne les manches de chandails d'intrigants coussinets semblant glisser le long du bras comme des gouttes d'eau, donnant aux silhouettes une certaine fluidité liquide.

Aérienne et naturelle, la palette explore le blanc, le bleu, le beige, s'aventure parfois dans le "millennial pink", ce rose teinté de pêche très en vogue en ce moment.

Côté hommes, la collection oscille entre streetwear chic et look baroudeur: pulls à imprimés BD, blousons d'aviateur, cabans, imperméables à cols marins.

Et quelques fantaisies très remarquées: des porte-clefs "donut" et des pompons à oreilles de lapin. Avec, là encore, "de la naïveté, de l'optimisme", a dit Jonathan Anderson, désigné meilleur créateur accessoires et designer britannique (femmes) de l'année aux Fashion Awards 2017.

Bye bye Bailey

En fin de journée, Christopher Bailey devait présenter son dernier défilé pour Burberry, l'iconique marque britannique devenue sous sa houlette un géant mondial du luxe.

Ce natif d'Halifax (nord de l'Angleterre), diplômé du prestigieux Royal College of Art de Londres, avait débarqué dans la célèbre maison en 2001, après avoir fait ses premières armes chez Donna Karan et Gucci.

En 17 ans, Bailey, a permis à Burberry de prendre le virage du XXIe siècle et des réseaux sociaux.

Ces dernières années, il avait rajeuni l'image de la marque en explorant de nouvelles matières et palettes de couleurs, réinventant le trench-coat, emblème s'il en est de Burberry, en le rehaussant de dentelle.

Son arrivée à la direction générale du groupe en 2014, en plus de ses fonctions de directeur de la création, avait toutefois fait hausser les sourcils de plus d'un analyste, eu égard à son manque d'expérience à la tête d'une entreprise cotée de cette envergure.

De fait, le créateur réputé pour ses bonnes manières, parfois surnommé "Mr Nice Guy", n'a cumulé ces deux fonctions que pendant trois ans, cédant l'an dernier les commandes, dans un contexte économique délicat, à l'ex-PDG de Céline Marco Gobbetti.

Ce dernier a depuis annoncé un renforcement du positionnement "luxe", sans dévoiler à ce stade le nom du successeur de Bailey. Dans la presse spécialisée, le nom de la Britannique Phoebe Philo (ex-Céline) est régulièrement cité.

Quant à Christopher Bailey, il restera jusqu'à la fin de l'année chez Burberry pour faciliter la transition, avant de se concentrer sur de "nouveaux projets" dont il n'a pas précisé la nature.