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17/02/2018 01:58 EST

JO-2018 - Yuzuru Hanyu, aimant du patinage mondial

Premier Japonais à remporter l'or olympique il y a quatre ans, désormais le premier patineur à le conserver depuis 66 ans, Yuzuru Hanyu est une icône sportive dans son pays, et la star du patinage artistique mondial.

"Il faut bien le dire, c'est une mégastar", résume à l'AFP son entraîneur canadien Brian Orser, médaillé d'argent olympique en 1984 et 1988.

Un statut qui se mesure à l'enthousiasme débordant des innombrables fans qui le suivent aux quatre coins du monde, lui réservent programme après programme une pluie nourrie de sa peluche fétiche, Winnie l'ourson, mais aussi au nombre impressionnant de journalistes qui se pressent à chacune de ses conférences de presse.

"Je reçois beaucoup de soutien et d'encouragements de la part de beaucoup de gens. Il n'y a pas beaucoup d'athlètes qui en ont autant, je me sens privilégié", reconnaissait "Yuzu" après le programme court.

"Je sais qu'il n'y a pas beaucoup de patineurs qui sont entourés d'autant de journalistes que moi maintenant", soulignait-il mardi en conférence de presse, sans jamais perdre son calme et sa mesure.

Ces attentes, cette pression monumentale sur ses épaules, le gracile Japonais aux airs enfantins et rêveurs sous la mèche noire qui tombe sur ses yeux, a parfaitement su les embrasser sur la glace sud-coréenne.

- Répertoire élargi -

"Je ne suis pas si fort que ça physiquement, je peux facilement attraper un rhume, mais je suis fort, solide mentalement", affirmait-t-il vendredi.

Il l'a prouvé en s'imposant malgré une cheville droite blessée en novembre et encore convalescente.

Depuis 2014 et son premier sacre olympique à 19 ans seulement - il est alors le plus jeune depuis 66 ans - Hanyu n'a plus quitté les sommets. En l'espace d'une olympiade, il a garni son palmarès deux médailles d'or mondiales (2014 et 2017) et deux en argent (2015 et 2016).

Quand le patinage s'est brutalement orienté vers la multiplication des "quads", il a su repousser ses limites et élargir son répertoire en l'enrichissant de nouveaux sauts.

"Il est jeune, il est compétiteur, il veut continuer à faire avancer son sport", énumère Orser, avec lequel il s'entraîne depuis 2012 à Toronto (Canada), aux côtés de l'Espagnol Javier Fernandez, double champion du monde (2015 et 2016) et médaillé de bronze olympique samedi.

C'est à quatre ans que "Yuzu" est venu au patinage, pour suivre sa soeur aînée Saya.

"A cette époque, je détestais m'entraîner, mais j'adorais les compétitions où il y avait plein de monde qui me regardait patiner", se souvient-il dans son autobiographie publiée en avril 2012.

- 'J'ai pensé arrêter' -

Quand il gagne son premier trophée, à six ans, le petit Japonais se "prend pour (le Russe Evgeni) Plushenko", un des patineurs qu'il admire. "Et je souriais sans dents de devant !", rit-il.

Sa passion pour le patinage est encore bien vivace plus d'une quinzaine d'années plus tard. Méticuleux, il tient à jour des notes sur les scores et les "quads" réussis par ses plus sérieux adversaires, raconte Orser.

En 2011, année de son premier hiver en seniors, la carrière de Hanyu ne tient pourtant qu'à un fil.

Le natif de Sendai s'entraîne dans une patinoire de la ville quand, le 11 mars, le tremblement de terre et le tsunami meurtriers frappent la région du nord-est japonais.

"Après le tremblement de terre et le tsunami, je ne pouvais pas patiner et j'ai pensé vraiment sérieusement à arrêter parce que j'étais déjà très occupé à survivre, à rester en vie", confiait-il en 2014.

"Ce désastre a complètement changé mes valeurs. J'ai cru que j'allais mourir à 16 ans, aussi jeune. Maintenant que je peux de nouveau patiner, après une expérience aussi traumatisante, avant tout, je veux faire que chaque jour compte."

C'est ce qu'il a parfaitement réussi sur la glace de Gangneung.

es/dif