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17/02/2018 00:55 EST

JO-2018/Saut à skis: à 45 ans, Noriaki Kasai, autant en emporte le temps

Le corps d'un sportif d'une quarantaine d'années, l'esprit d'un fringant jeune homme de 20 ans: Noriaki Kasai continue à 45 ans de défier le temps, avec un record de huit participations aux Jeux olympiques, sa dernière à Pyeongchang, à moins que...

En Corée du Sud, le Japonais, porte-drapeau à la cérémonie d'ouverture, est devenu le premier sportif à compter huit présences à des Jeux olympiques. Il y a quatre ans à Sotchi, il prenait l'argent sur le grand tremplin, 20 ans après son premier podium olympique, en argent par équipes à Lillehammer-1994. Cette saison, il compte un podium de Coupe du monde, en novembre à Ruka (3e).

"Je me sens comme un jeune de 20 ans. Je fais le même entraînement que les jeunes sauteurs, je n'ai pas du tout changé mon programme depuis que j'ai commencé", a sereinement expliqué Kasai, toujours tout sourire, après son premier concours version 2018.

Et ça fait un bout de temps qu'il s'entraîne. Il a débuté sa carrière en 1988, un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître, alors que l'URSS et le Bloc de l'Est existaient encore. Depuis, il a participé à 537 concours de Coupe du monde.

Son palmarès ? Champion du monde de vol à skis en 1992, mais jamais sacré aux Mondiaux sur petit et grand tremplin. Vice-champion olympique par équipes en 1994 à Lillehammer (Norvège), il assiste en remplaçant au sacre nippon à domicile à Nagano quatre ans plus tard, où il décrochera une 7e place sur le petit tremplin.

L'or olympique qu'il n'a fait que toucher des yeux, c'est l'une de ses motivations, affirmant être à Pyeongchang uniquement pour ce métal. L'épreuve par équipes de lundi sera sa dernière chance en Corée du Sud. Mais la concurrence sera rude avec la Norvège, l'Allemagne ou encore l'Autriche.

- Prolonger jusqu'aux J0-2026? -

A la question de connaître le secret de sa longévité, il glisse malicieusement: "Je mange de la nourriture japonaise". Son ancien coach, Vasja Bajc, loue son hygiène de vie exemplaire: "Noriaki est extrêmement attentif à sa santé. Il n'a jamais fumé, n'a jamais bu d'alcool".

Sa présence à Pyeongchang relève du miracle, à un âge si avancé dans un sport de haut niveau exigeant qui lasse plus d'un sportif la trentaine apparaissant. Et même si le dos et les articulations sifflent, lui voit encore plus loin. Beaucoup plus loin.

"Lorsque j'avais 40 ans, je disais que je continuerai jusqu'à 50 ans. Si les Jeux olympiques 2026 se déroulent à Sapporo, je veux essayer de concourir à ces JO. Mais j'aurais alors près de 55 ans, donc je ne sais pas trop", a-t-il précisé.

L'élection de la ville-hôte des JO-2026 doit avoir lieu à l'automne 2019 à Milan. Quatre autres villes, Sion (Suisse), Stockholm, Calgary (Canada) et Schladming/Graz (Autriche) ont également manifesté leur intérêt pour l'organisation de ces Jeux.

Les JO-2022 seront disputés à Pékin, pour la deuxième fois consécutive en Asie, réduisant ainsi les chances de Sapporo pour 2026, selon le principe de rotation des continents.

Mais sa promesse de sauter jusqu'à 50 ans pourrait éventuellement l'amener sur le tremplin de Pékin dans quatre ans.

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