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17/02/2018 01:54 EST

JO-2018 - Le Français Marc Ahr, un peintre dans la compétition

C'est comme si l'art, au programme de 1912 à 1948, était à nouveau olympique. Le Français Marc Ahr peint les Jeux depuis plus de 25 ans et à Pyeongchang, il a dû composer sa palette avec une nouvelle nuance: le froid.

Vodka conseillée. Lors de la cérémonie d'ouverture, le Cannois d'origine a un peu imbibé ses gouaches du puissant alcool russe pour éviter qu'elles gèlent dans la soirée sud-coréenne. Un produit interdit aux athlètes, mais finalement utile pour l'artiste à l'ouvrage.

"Ca ne donne pas la même chose que l'eau, mais c'est pas mal, ça donne un effet marbre", explique-t-il.

Depuis Albertville-1992, le peintre âgé de 55 ans brosse le tableau des temps forts des JO. Ses oeuvres sur toile - il ambitionne d'en finir une par jour - sont ensuite reproduites puis vendues.

Ahr, installé à Saint-Pétersbourg, en Russie, conserve les originaux dans un stock aujourd'hui bien fourni par ses 15 participations aux Jeux, d'été comme d'hiver, avec l'espoir de les exposer un jour dans une galerie.

Des beaux-arts au bobsleigh, il a pourtant franchi le pas, sans porter un grand intérêt aux enjeux sportifs.

"J'aime l'énergie, j'ai rencontré les gens, j'aime l'ambiance, mais je ne peux pas vous dire que j'adore le sport", déclare-t-il à l'AFP, devant son tableau presque achevé sur l'épreuve de short-track.

- Rogge fan -

"Je ne veux pas que les Jeux soient un truc pour de l'argent, je veux qu'ils soient amusants, rencontrer des personnes. Et si l'argent vient, il vient", poursuit-il, alors que des spectateurs curieux regardent son travail derrière son épaule.

Ahr, par ailleurs designer de meubles et décorateur d'intérieur, se décrit comme un "artiste perfectionniste", qui compte quelques "fans prestigieux".

"Le précédent président du Comité international olympique (CIO, le Belge Jacques Rogge), possède toutes mes peintures de tous mes Jeux."

"Le roi de Suède a celles de la finale de hockey de Lillehammer (1994) et de Turin (2006)", les deux seuls titres olympiques de la sélection aux Trois couronnes, assure-t-il.

Mais sa flamme pourrait bientôt s'éteindre: s'il espère continuer jusqu'à Paris-2024, Ahr considère l'événement parisien comme une fin idéale, pour boucler la boucle d'un travail démarré en France.

Derrière son chevalet, il est un témoin privilégié de l'évolution des Jeux. "C'était beaucoup plus petit, plus cosy (en 1992) et bien plus amical", explique-t-il, alors qu'il refuse toute forme de publicité dans ses tableaux.

"Je suis parfois un peu déçu quand je vais au parc olympique et que je vois ce truc commercial."

"Mais chaque personne que je rencontre, dans le train, dans le bus, au café, ils sont intéressés", nuance-t-il. "Et les enfants, quand ils regardent mes dessins, je sens que j'apporte quelque chose que personne d'autre n'apporte."

pst/ah/bdx