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16/02/2018 23:22 EST

France: de 2 à 5 ans de prison contre des routiers roumains pour vol de roues

Des peines de deux à cinq ans de prison ferme ont été prononcées vendredi devant un tribunal de l'ouest de la France à l'encontre de treize chauffeurs routiers roumains et de leur patron pour le vol de 700 roues de poids-lourds.

La peine la plus lourde, cinq ans ferme, a été prononcée contre le patron Silviu Pietrosanu, 42 ans. "On va faire appel", a déclaré à l'AFP son avocate, Me Sabrina Baudet.

Le procureur avait requis des peines de trois à six ans de prison.

Ces chauffeurs routiers professionnels travaillaient tous pour la société roumaine Evitrans au moment des faits.

Ils volaient les roues pendant leur temps de repos, les rapportaient ensuite en Roumanie avec leur cargaison, pour les revendre entre 200 et 350 euros pièce, soit l'équivalent de leur salaire mensuel.

Cela leur permettait parfois de "quintupler leur revenu par le nombre de roues dérobées", a pointé le procureur Arnaud Marie devant le tribunal correctionnel de Rennes.

Les enquêteurs ont dénombré 80 vols de ce type entre novembre 2013 et novembre 2016, pour un préjudice évalué à 676.000 euros.

Les prévenus, dont sept étaient détenus, étaient poursuivis pour avoir dérobé chacun plus de 200 roues au total. Ils ont été confondus par le bornage de leurs téléphones portables sur les lieux des vols, la plupart du temps des lieux de stockage de poids-lourds dans des zones industrielles.

"C'est une activité d'une extrême rentabilité", a dit le procureur, citant une "délinquance sérielle, de basse intensité" au préjudice d'entreprises.

Le patron des routiers a encouragé les vols "par son silence", l'absence de sanctions disciplinaires et la "fourniture des moyens nécessaires" à leur réalisation, a avancé le procureur.

"Je savais ce que la plupart de mes chauffeurs faisaient. Je les laissais faire, pour les garder", avait expliqué jeudi M. Pietrosanu, déjà condamné en 2012 en Belgique pour des faits similaires.

"Je ne nie pas les vols, mais après chacun assume ses responsabilités", a ajouté le patron.

Ses employés, tous nés à Pucioasa, à 100 kilomètres au nord de Bucarest, ont affirmé qu'ils n'auraient pas pu s'en sortir financièrement sans ces vols.

Les chauffeurs siphonnaient également le carburant d'autres camions à l'aide de pompes.

"Les conditions de vie de ces jeunes gens sont effectivement très difficiles", a avancé une de leurs avocates, Me Bénédicte Gosselin, soulignant que les vols n'avaient engendré "aucune violence".

Plusieurs des condamnés sont connus pour des faits similaires en Allemagne, en Belgique et en Autriche.

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