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17/02/2018 18:07 EST | Actualisé 17/02/2018 18:07 EST

Congrès du NPD: Jagmeet Singh s'attaque à l'entente Netflix dans son discours

Il a dénoncé «l'entente secrète» entre Netflix et le gouvernement fédéral.

HuffPost Canada

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a dénoncé «l'entente secrète» entre Netflix et le gouvernement fédéral dans un discours samedi après-midi devant les 2000 délégués néo-démocrates réunis en congrès à Ottawa.

Il s'est attaqué au gouvernement Trudeau qui a accordé des «règles privilégiées» aux entreprises étrangères, alors que les entreprises culturelles locales doivent composer avec d'autres règles.

Les géants du Web, comme Netflix, devront faire leur part pour payer des taxes et des impôts comme toutes les entreprises canadiennes, selon lui. C'est pourquoi s'il forme un gouvernement en 2019, le NPD mettrait fin à ce congé fiscal.

Une position qui se démarque de celle qu'avait adopté le parti durant la campagne électorale de 2015. Thomas Mulcair avait affirmé que le parti n'avait aucune intention d'imposer une telle taxe en réponse à une vidéo de l'ex-premier ministre Stephen Harper. Ce dernier soutenait que seul le Parti conservateur était contre une taxe Netflix.

Dans son discours, M. Singh a souligné que même si l'économie canadienne se porte bien, de nombreux Canadiens ont encore de la difficulté à joindre les deux bouts.

Il a aussi insisté sur le besoin de lutter contre les inégalités sous toutes leurs formes, incluant l'intolérance et la discrimination.

Vote de confiance

Les délégués devront décider après son discours s'ils renouvellent leur confiance envers leur chef, moins de six mois après son élection à la tête de la formation politique.

En vertu de ses statuts et règlements, le NPD doit obligatoirement tenir un vote de confiance à chacun de ses congrès qui ont lieu tous les deux ans. M. Singh n'a pas voulu avancer quel résultat serait satisfaisant. Le résultat pourrait permettre de constater s'il a réussi à rallier les militants qui avaient appuyé d'autres candidats lors de la course à la direction.

Les militants avaient désavoué Thomas Mulcair en 2016 qui avait obtenu seulement 48 pour cent d'appui. Le vote avait eu lieu six mois après l'élection de 2015 où le NPD, qui aspirait au pouvoir, avait dégringolé en troisième place. Le parti s'était ensuite lancé dans une longue course à la direction qui a culminé en octobre avec l'élection du nouveau chef.

Ce résultat avait surpris puisque les militants néo-démocrates sont généralement plus indulgents avec leurs chefs. En 2013, Thomas Mulcair avait obtenu 92 pour cent d'appuis, un résultat similaire à celui que Jack Layton avait reçu en 2006. Cinq ans plus tard, l'appui des militants à Jack Layton était encore plus fort. Il frôlait les 98 pour cent.

Il s'agit du dernier congrès avant la prochaine campagne électorale prévue en 2019. Le NPD espère créer un élan et trouver le moyen de se distinguer des libéraux.

Le parti a réussi jusqu'à maintenant à éviter les déchirements sur la question des oléoducs qui divise les néo-démocrates de la Colombie-Britannique et de l'Alberta. Les résolutions contre l'exploitation pétrolière n'ont finalement pas été débattues en plénière.

L'appliation de la taxe de vente aux géants du Web comme Netflix pourrait toutefois devenir une nouvelle pomme de discorde. Si l'idée plaît aux néo-démocrates québébcois, elle semble moins intéresser le reste du Canada.

La chef du NPD de l'Ontario, Andrea Horwath, qui était l'une des invitées du congrès, ne l'a pas applaudi lorsque La Presse canadienne l'a questionnée.

«Les gens ont de la difficulté à payer leurs factures dans plusieurs parties du pays, c'est certainement le cas en Ontario», a-t-elle signalé tout en reconnaissant qu'il revenait aux partis fédéraux de décider.