DIVERTISSEMENT
16/02/2018 06:34 EST | Actualisé 16/02/2018 06:34 EST

Ludovick Bourgeois, pas seulement la voix de son père

Difficile de rester de glace devant l'enthousiasme de ce jeune adulte si gentil, un brin timide, simplement heureux de réaliser son rêve!

Paméla Lajeunesse

Ludovick Bourgeois connaît un début de carrière très singulier. D'abord porté aux nues à La voix, où il a été sacré grand vainqueur à la fin de la cinquième saison, au printemps dernier, le garçon a surfé pendant quelques mois sur la popularité conférée par le concours télévisé de TVA, auquel il est toujours associé. Encore en décembre, il prenait part au spectacle de La voix junior, au Centre Bell et au Centre Vidéotron.

Puis, avant Noël, Ludovick a dû assumer publiquement le deuil de son papa, Patrick Bourgeois, décédé après une longue lutte contre le cancer. Quelques semaines plus tard, il amorçait sa tournée de spectacles, qui suit de peu la parution de son premier album, en octobre, lequel porte son nom.

Pas facile de se forger une identité artistique propre quand on a le même timbre et le même physique, à un grain de beauté près, ou presque, que le plus adoré des anciens BB, qu'on émerge de surcroît d'une compétition de type téléréalité clinquante à outrance, et que notre belle gueule se fait presque davantage remarquer que notre talent musical.

Mais Ludovick Bourgeois semble bien déterminé à ne pas être seulement la voix de son père, pas plus qu'uniquement un joli minois. Celui qui vivait jeudi sa rentrée montréalaise à l'illustre Théâtre St-Denis a principalement défendu son propre matériel, s'est offert des reprises anglophones (American Woman, Yellow, Drops of Jupiter, Summer of 69 – qui lui va à ravir -, Don't Stop Believin', With or Without You) et, oui, a poussé quelques pièces des BB.

Mais l'artiste prend déjà sa place, et il le fait bien. Les fois où il a parlé, ce fut pour adresser des remerciements répétés aux spectateurs, envoyer des fleurs à ses collaborateurs (dont Fred St-Gelais, Nelson Minville et Ingrid St-Pierre) et réitérer encore et encore sa joie d'être là.

Mais il n'y a pas eu de long hommage poétique, les yeux dans l'eau, à son paternel décédé, mis à part un clin d'œil pour introduire une jolie ritournelle qui lui est dédiée. Ludovick Bourgeois foule les planches pour s'amuser, on l'a bien senti jeudi, et jamais on a éprouvé le sentiment qu'il cherche à tirer profit du départ de l'auteur de ses jours. Le coup de chapeau qu'il lui tend est justifié et mérité, mais pas exagéré.

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Rock star

Ludovick ne l'a pas eue aisée pour sa première médiatique. D'importants problèmes de son sont survenus à plusieurs moments pendant la soirée – ça ne résonnait pas «fort», c'était «très, très» fort! Et le public, un brin dissipé, s'est permis d'arriver par vagues, certains accusant un retard considérable sans discrétion particulière, et ont dérangé les premières minutes du concert. Puis, la voix du beau Ludo n'étant ni parfaite, ni toujours au point, le chanteur a échappé ça et là quelques fausses notes difficiles à ignorer.

Mais ça ne l'a pas empêché de s'amuser follement... et l'assistance, de le suivre, yeux fermés et sourire béat aux lèvres, dans son plaisir communicatif. Difficile de rester de glace devant l'enthousiasme de ce jeune adulte si gentil, un brin timide, simplement heureux de réaliser son rêve, et qui s'y adonne avec tant de candeur et de vérité. Sur scène, il se la joue un peu rock star avec ses trois musiciens, et ça lui va bien.

La salle n'était pas pleine, mais le bonheur était contagieux, et ça compensait largement les sièges vides. Les gens n'ont pas hésité à se lever, à danser, à chanter avec Ludovick, et même à lui crier des mots d'amour à l'occasion. Le party a vraiment levé dans le Théâtre St-Denis. En ce qui a trait à la réception, le jeune Bourgeois n'aurait pu espérer plus bel accueil!

À travers les morceaux de son premier disque à l'enrobage pop-rock - dont on retiendra, entre autres, la réjouissante et pimpante Silhouette, la tendreDreams on Hold, la touchante Sur ton épaule qui se veut une caresse à son père, et la power-ballade Desert Song, premier extrait de l'album qui tourne énormément à la radio - Ludovick a payé la traite aux nostalgiques avec un pot-pourri de succès des BB, comprenant Donne-moi ma chance, T'es dans la lune et Fais attention. Ce fut le délire dans la foule. Plus tard, il a rappliqué avec la non moins légendaire Snob et, au dernier rappel, avec l'immortelle Tu ne sauras jamais, que tous ont écoutée avec respect, sans toutefois négliger de s'unir sur les «Oh-Oh-Oh-Oh» du refrain.

Paméla Lajeunesse

Déjà au départ, au quatrième titre - après les agréables Milliardaire, Je reprends le temps et Si je commençais, cette composition de son coach de La voix, Éric Lapointe, qui lui a permis d'arracher la victoire en finale il y a presque un an -, le rockeur est justement apparu au micro pour entonner auprès de Ludovick son classique Terre promise. Les hurlements – on n'exagère même pas – ont instantanément retenti, et une véritable chorale s'est époumonée sur la chanson. Éric Lapointe n'a pas à s'inquiéter de l'effet qu'il produit sur une masse : il cause des décharges électriques!

Plus tard, un autre protégé d'Éric Lapointe à La voix, Travis Cormier, a accompagné son pote Ludovick sur Dead or Alive, qui a été sa propre carte de visite à la télévision.

Ludovick Bourgeois poursuivra sa tournée au moins jusqu'en octobre. Toutes les dates sont sur son site web.