POLITIQUE
16/02/2018 11:30 EST | Actualisé 16/02/2018 12:24 EST

Le gouvernement du Québec versera plus de 5 milliards $ aux médecins spécialistes en 2022-2023

Les 10 000 spécialistes profiteront donc, collectivement, d'un revenu additionnel évalué à 120 millions $ par année.

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L'enveloppe totale versée par Québec aux médecins spécialistes passera de 4,7 milliards $, en 2017-2018, à 5,4 milliards $, en 2022-2023.

Les 10 000 spécialistes profiteront donc, collectivement, d'un revenu additionnel évalué à 120 millions $ par année.

En vertu de l'entente de principe, d'une durée de huit ans jusqu'à 2023, signée la semaine dernière et rendue publique dans ses grandes lignes, vendredi, entre le gouvernement Couillard et la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ), il appert que ces derniers pourront compter sur environ 2 milliards $ supplémentaires, soit des augmentations de 511 millions $ en 8 ans (1,4 pour cent par année d'ici 2023), auxquels il faut ajouter un rattrapage salarial à hauteur de 1,5 milliard $, étalé sur 10 ans, une somme promise dans le passé en vertu d'ententes antérieures mais jamais versée.

Le revenu des spécialistes augmentera en moyenne de trois pour cent par année jusqu'en 2023.

Malgré l'ampleur des sommes en cause, Québec estime que les contribuables y trouveront leur compte, grâce à des économies de l'ordre de 3 milliards $ rendues possibles par le fait que la FMSQ a accepté de renoncer à la "clause remorque" qui garantissait aux médecins spécialistes d'obtenir la même majoration salariale, soit 5,5 pour cent, que celle consentie aux employés du secteur public.

En 2016, le revenu moyen d'un médecin spécialiste était de 403 000 $. Au sommet de l'échelle, on trouvait les radiologistes avec un revenu moyen frôlant les 700 000 $.

En retour des augmentations monétaires consenties aux spécialistes, Québec affirme avoir obtenu de la FMSQ des engagements fermes visant à assurer une plus grande accessibilité des patients à ses membres, partout au Québec.

La FMSQ s'est engagée à financer les services additionnels offerts à hauteur de 105 millions $.

À cette fin, Québec et la FMSQ ont convenu d'un plan national visant à éviter, graduellement, à compter du 1er juin, tout bris de service requis par un spécialiste, sur tout le territoire, surtout en régions où ils se font plus rares, particulièrement en ce qui touche les anesthésistes et les chirurgiens.

Des établissements de santé vont donc devoir en "parrainer" d'autres, former des "équipes volantes" prêtes à intervenir pour combler les besoins de spécialistes.

Il peut s'agir, par exemple, de remplacer, au pied levé, en région éloignée, une chirurgienne partie en congé de maternité ou un anesthésiste en vacances ou en congé de maladie.

Québec a voulu s'assurer que les engagements pris par les médecins étaient sérieux et a prévu brandir le bâton si certains prévoyaient se défiler. Ainsi, un médecin membre d'une équipe volante qui refuserait un mandat s'exposerait à une pénalité de 3000 $ par jour.

Si la FMSQ tarde à mettre en place son plan et à ne pas donner suite aux engagements pris, elle pourrait devoir acquitter des amendes allant jusqu'à 200 000 $.

En conférence de presse, le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand, s'est montré satisfait d'avoir réussi à "sécuriser l'avenir" grâce à cette entente.

Il a convenu que dans la population, "il y a des gens qui trouvent toujours que les médecins gagnent trop cher", en rappelant l'importance pour le Québec de demeurer compétitif à ce chapitre.

Le gouvernement se dit satisfait de maintenir à 20 pour cent la part des dépenses de rémunération des médecins du budget global de la santé.

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