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16/02/2018 14:18 EST | Actualisé 16/02/2018 14:37 EST

Le garçon trouvé au fond d'une piscine jeudi est toujours dans un état critique

La police n'a toujours pas ouvert d'enquête.

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Centre Père-Marquette en août 2017.

L'adolescent de 13 ans retrouvé inconscient au fond d'une piscine municipale montréalaise, jeudi, était toujours dans un état critique vendredi matin.

Selon Alain Perron, porte-parole de la Commission scolaire de Montréal, le groupe de 20 à 30 élèves de deuxième secondaire était accompagné d'un enseignant et d'un maître nageur pour cette période d'éducation physique à la piscine du centre Père-Marquette, voisine de l'école du même nom, dans le quartier de La Petite Patrie.

Personne n'a remarqué l'absence du garçon dans les vestiaires à la fin de la période d'éducation physique; c'est le groupe suivant qui a vu le corps de l'adolescent au fond de la piscine.

M. Perron a indiqué qu'une équipe de psychologues avait été déployée dès jeudi à l'école Père-Marquette pour apporter un soutien aux élèves et au personnel enseignant.

Les premiers répondants ont révélé que le garçon était en arrêt cardiopulmonaire à leur arrivée, et qu'ils avaient réussi à le ranimer avant de le transporter à l'hôpital. Le maître-nageur a aussi été conduit à l'hôpital pour un choc nerveux.

Le conseil d'arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie a indiqué que la piscine demeurerait fermée jusqu'à nouvel ordre.

La police estime qu'aucun acte criminel n'a été commis, et elle n'a pas ouvert d'enquête.

La Société de sauvetage

Le directeur des programmes à la Société de sauvetage du Québec, François Lépine, a par contre indiqué en entrevue téléphonique qu'une enquête civile permettra de comprendre ce qui s'est passé.

On se penchera par exemple sur la piscine en tant que telle, l'équipement sur place, l'éclairage, la compétence des intervenants, les procédures de surveillance et l'encadrement du groupe, mais aussi l'état de santé préalable de la victime, a-t-il dit. Les moniteurs sont aussi formés pour évaluer dès la première séance les capacités de tous ceux qui se trouvent devant eux dans la piscine.

Selon M. Lépine, le règlement sur la sécurité des bains publics au Québec prévoit qu'un professeur d'éducation physique doit avoir dans son brevet un équivalent de 90 heures d'enseignement d'activités aquatiques, dont 15 heures d'«habiletés de sauvetage». Ce professeur peut alors superviser un groupe de 30 élèves ou moins.

S'il n'a pas cette compétence, le règlement prévoit qu'il doit y avoir sur le bord de la piscine un «sauveteur national formé», qui accompagnera l'enseignant pendant la période. «Dans ce cas-ci, on peut présumer que le règlement a été respecté», suggère M. Lépine à la lumière de ce que l'on sait jusqu'ici.

Une enquête pourrait être menée par la Régie du bâtiment, pour les installations, et par les propriétaires et les exploitants de la piscine, qui font parfois appel à la Société de sauvetage, pour son expertise. Dans le cas d'un décès, l'enquête est confiée à un coroner.

M. Lépine rappelle par ailleurs que de tels accidents sont extrêmement rares. «Chaque noyade est une noyade de trop, mais moins d'un pour cent des noyades mortelles au Canada surviennent dans un milieu supervisé», précise-t-il.