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Immigration: vote à haut risque au Sénat américain

Les sénat américain tentait jeudi de surmonter ses divisions profondes pour s'accorder sur un projet de réforme de la loi sur l'immigration, sous la pression du président Donald Trump qui réclame un sévère coup de frein et le renforcement de la sécurité aux frontières.

Le Sénat souhaite voter un texte avant la fin de la semaine. Il devra recueillir 60 voix sur 100 à la Chambre haute du Congrès, contrôlée d'une courte majorité par les républicains. Mais la motion devra aussi bénéficier d'un large consensus pour avoir des chances d'être approuvée par la Chambre des représentants, et par le président.

Le chef de la majorité sénatoriale, Mitch McConnell, à indiqué à l'AFP qu'il s'attendait à "des votes" jeudi.

Donald Trump a affiché son soutien à la proposition d'un élu républicain, Chuck Grassley, qui reprend les "quatre piliers" de sa politique en matière d'immigration.

M. Trump s'est dit prêt à régulariser à terme 1,8 million de personnes arrivées illégalement sur le territoire américain avec leurs parents quand elles étaient enfants. Quelque 690.000 d'entre eux --surnommés "Dreamers" (rêveurs)-- sont protégés de l'expulsion depuis 2012 par un statut précaire, le décret "Daca" de Barack Obama. Les autres ne bénéficient pas de ce programme tout en y étant éligibles.

En échange, il réclame au Congrès 25 milliards de dollars pour renforcer la sécurité à la frontière avec le Mexique, notamment la construction d'un mur, et un frein à l'immigration légale, avec la fin du regroupement familial élargi --qualifiée d'"immigration en chaîne"-- et la suppression de la loterie des cartes vertes, qui permet à des dizaines de miliers d'étrangers de s'installer aux Etats-Unis.

Donald Trump a abrogé le Daca en septembre 2017 et a donné au Congrès jusqu'au 5 mars pour régler définitivement la question. Mais sa décision est contestée en justice.

Des élus républicains et démocrates, rassemblés au sein d'une "coalition du bon sens", ont rendu public mercredi soir un texte de compromis qui se rapproche des demandes du président américain, sans y répondre totalement.

"Notre proposition souligne l'engagement large et venu des deux bords pour créer une voie à la naturalisation pour les Dreamers (...) tout en renforçant la sécurité aux frontières pour aider à stopper le flot d'immigrants illégaux", a expliqué dans un communiqué la sénatrice républicaine Susan Collins, membre de la "coalition".

Le texte reprend la mesure en faveur de la naturalisation des 1,8 million de jeunes et les 25 milliards de dollars de financement pour la sécurité frontalière. Mais il n'apporte qu'un changement limité au regroupement familial et ne touche pas à la loterie.

Le républicain Lindsey Graham a estimé que le texte de la coalition avait "le plus de chances de gagner les 60 voix".

Mais le ministère de la Sécurité intérieure a fustigé ce texte, qui signifierait "la fin de la lutte contre l'immigration en Amérique" et "ne servirait qu'à attirer des millions d'immigrants illégaux supplémentaires sans aucun moyen de les expulser".

Le texte se heurterait aussi à un veo présidentiel, a prévenu la Maison Blanche. "Il changerait drastiquement pour le pire notre politique nationale sur l'immigration en affaiblissant la sécurité aux frontières et saperait nos lois existantes", a affirmé la porte-parole de la présidence Sarah Sanders dans nu communiqué.

"Alors que républicains et démocrates au Congrès travaillent dur pour trouver un soution au Daca, ils doivent étudier sérieusement un système d'immigration basée sur le mérite pour que nous ayons des gens prêts, volontaires et capables d'aider toutes ces sociétés qui s'installent aux Etats-Unis", a souligné jeudi Donald Trump sur Twitter.

Le patron des sénateurs démocrates Chuck Schumer a ironisé face à l'intransigeance de l'administration. "On n'obtient pas 100% de ce que l'on veut dans une démocratie, peut-être dans une dictature", a-t-il dit, appelant les sénateurs à dépasser leurs différences.

Mais le républicain John Cornyn a estimé l'affaire mal engagée. Le texte porté par M. Grassley "est le seul qui puisse arriver sur le bureau du président", a-t-il dit.

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