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France: un rapport propose de transformer en profondeur la SNCF

Abolition du statut privilégié de cheminot, fermeture de "petites" lignes, abandon de nouvelles liaisons TGV: un rapport iconoclaste propose de transformer en profondeur la SNCF, le sacro-saint opérateur ferroviaire français.

Long de 127 pages, le rapport "pose un diagnostic complet et lucide sur la réalité du service public ferroviaire français auquel les Français sont très attachés", selon le gouvernement.

Son auteur, l'ancien patron d'Air France Jean-Cyril Spinetta, estime que "la situation du transport ferroviaire est préoccupante" et que ses "performances ne sont pas satisfaisantes, en termes de régularité, de gestion des crises, d'information aux voyageurs, de sécurité".

Il fait 43 propositions, estimant nécessaire de "recentrer le transport ferroviaire sur son domaine de pertinence", c'est-à-dire les transports du quotidien autour des agglomérations et les dessertes TGV (Train à Grande Vitesse) entre les principales métropoles françaises.

Il appelle de ses voeux un audit des "petites lignes", voire leur fermeture "si le maintien des circulations sur une ligne n'est pas possible sans investissement, et que cet investissement n'est pas justifié d'un point de vue socio-économique".

"Le réseau à grande vitesse peut être considéré comme abouti" et construire de nouvelles lignes "entraînerait le TGV au-delà de sa zone de pertinence économique, c'est-à-dire les dessertes de très grandes agglomérations avec des trajets durant jusqu'à trois heures", estime t-il.

Le rapport s'attaque par ailleurs au statut des quelque 140.000 cheminots, qui offre la garantie de l'emploi et un régime de retraite plus avantageux que les autres Français. Nombre de gouvernements voulant le réformer ont dû y renoncer face aux durs mouvements de grève qui ont alors paralysé la France. M. Spinetta suggère que les nouveaux embauchés à la SNCF n'en bénéficient plus.

Quant au statut de la SNCF, entreprise publique née en 1937, il propose de le transformer en société anonyme à capitaux publics.

Suggérant de faire rentrer les gares dans le giron de SNCF Réseau, Jean-Cyril Spinetta estime que l'État devrait reprendre "une part" de la très lourde dette de SNCF réseau, qui dépasse les 50 milliards d'euros.

A la suite de la remise de ce rapport, le gouvernement a annoncé qu'il allait ouvrir "dès la semaine prochaine" une "première phase de concertation" sur une réforme du système ferroviaire français.

SUD-Rail, troisième syndicat à la SNCF, a d'ores et déjà averti que le rapport pouvait "mettre le feu dans l'entreprise" car il signait "la fin du ferroviaire".

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