POLITIQUE
15/02/2018 15:23 EST | Actualisé 15/02/2018 17:16 EST

Couillard se défend de ne pas avoir fixé de seuil de contenu québécois

Le premier ministre a réagi aux critiques de l'opposition.

LA PRESSE CANADIENNE

Le premier ministre Philippe Couillard a dit jeudi aux entreprises québécoises d'être concurrentielles si elles veulent des contrats du Réseau express métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement.

Il réagissait aux critiques de l'opposition officielle qui accuse le gouvernement d'avoir abandonné les entreprises québécoises comme Bombardier en ne fixant pas un pourcentage minimum de contenu québécois dans le matériel roulant du REM.

Le contrat pour le matériel roulant a été accordé à Alstom, le grand rival de Bombardier, ce qui fait craindre pour l'usine Bombardier de La Pocatière et ses fournisseurs.

"Eh bien, ils (les fournisseurs) feront affaires avec l'entreprise qui a gagné le contrat", a déclaré le premier ministre au cours d'un point de presse dans une usine de Sainte-Justine, dans Bellechasse.

"Ce qu'on leur répond, c'est qu'il faut être compétitif, tout le monde doit être compétitif et on va avoir le meilleur projet au meilleur prix pour tous les Québécois."

M. Couillard a dédouané son gouvernement en rappelant que c'est la Caisse de dépôt, et non le gouvernement, qui fait les appels d'offres.

Il a ajouté que si le gouvernement avait à lancer un appel d'offres sur du matériel roulant, il fixerait le plancher minimum de contenu québécois à 25 pour cent, conformément aux accords de commerce internationaux.

Le premier ministre s'est targué que le projet du REM, dans l'ensemble des composantes, comportera 65 pour cent de contenu québécois et créera 34 000 emplois pendant la construction du réseau.

M. Couillard a passé la journée de jeudi à faire des visites d'usine en Beauce et dans Bellechasse, sans procéder à aucune annonce, dans une tournée qui s'apparentait à une journée de campagne électorale.

En point de presse en matinée à l'Assemblée nationale, le chef péquiste Jean-François Lisée a dit que "c'était très bien de faire des visites d'usine", mais qu'il savait que le premier ministre n'allait pas s'aventurer à visiter l'usine de Bombardier de La Pocatière.

Il a évoqué le fait qu'Alstom n'a aucune usine au Québec et que du matériel roulant du REM pourrait être ainsi construit en Pologne. M. Lisée dit que sa formation a tenté de savoir auprès de la Caisse ou d'Alstom quelle proportion du contenu viendrait du Québec, mais n'a pas eu de réponse.

Le chef péquiste a reproché au gouvernement d'abandonner les entreprises du Québec, qui ne sont pas protégées par aucune clause de contenu minimal québécois, contrairement à ce que d'autres pays font pour leurs entreprises.

Le Parti québécois souhaitait inclure dans la loi qui a permis le projet du REM des clauses de contenu québécois, mais ses amendements ont été rejetés.

"Lorsque Bombardier a construit des métros à Paris, c'est 100 pour cent qui a été fait en France, pour le métro de New York, c'est 60 pour cent (aux États-Unis), et ça doit être autour de 0 pour cent des bons emplois pour construire les trains qui vont être au Québec", a-t-il déclaré à la période de questions.