Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Brésil: mesures d'urgence pour faire face à l'afflux de Vénézuéliens

Le gouvernement brésilien a adopté jeudi des mesures pour faire face à la crise suscitée par l'arrivée massive de Vénézuéliens dans une région du nord du Brésil, reconnaissant une "situation de vulnérabilité" dans cette zone.

Parmi les décisions signées par le président brésilien Michel Temer figure la création d'une commission fédérale d'assistance d'urgence "pour l'accueil des personnes en situation de vulnérabilité en raison du flux migratoire provoqué par la crise humanitaire" au Venezuela, indique le document finalisé jeudi lors d'une réunion de M. Temer avec plusieurs ministres.

Les mesures prévues visent à améliorer la protection sociale, la santé et la sécurité publique dans les municipalités brésiliennes qui ont été submergées par l'arrivée massive de migrants vénézuéliens qui passent quotidiennement la frontière pour fuir la crise qui affecte leur pays.

Peu avant d'annoncer les nouvelles dispositions, le gouvernement avait indiqué dans un communiqué qu'il allait déclarer un "état d'urgence sociale" dans la région considérée, l'Etat de Roraima, dans le nord du Brésil.

"L'état d'urgence sociale donne au gouvernement une plus grande marge de manoeuvre pour allouer des fonds à des travaux d'infrastructures et mettre en place des actions humanitaires dans la région", précisait le texte.

"Les effectifs militaires seront doublés, pour atteindre 200 soldats", a annoncé le ministre de la Défense Raul Jungmann, cité dans le communiqué.

Selon le gouvernement, "environ 40.000 Vénézuéliens vivent actuellement dans des lieux d'hébergement à Boa Vista", la capitale de l'Etat de Roraima, "à la recherche de meilleures conditions de vie en raison de la crise économique dans leur pays d'origine". Cela équivaut à 10% de la population de la ville.

Boa Vista est submergée depuis des mois par l'afflux quotidien de migrants en provenance du Venezuela et le gouvernement local du Roraima a affirmé à plusieurs reprises manquer de moyens et d'infrastructures pour faire face à cette crise humanitaire.

"Tous les recours nécessaires seront utilisés pour régler la question des Vénézuéliens, d'un point de vue humanitaire, mais aussi le problème de l'Etat de Roraima", avait affirmé lundi le président Temer, après avoir interrompu son congé du carnaval pour se rendre sur place et rencontrer des autorités politiques de la région.

La semaine dernière, au moins cinq Vénézuéliens, dont une petite fille de 4 ans, ont été blessés dans deux incendies d'origine criminelle contre des habitations où sont hébergées des familles de migrants.

Le gouvernement a également annoncé dans son communiqué que les nouvelles mesures seraient prises en étroite collaboration avec d'autres pays voisins du Venezuela, comme la Colombie.

Disposant d'immenses réserves pétrolières mais ruiné notamment par la chute des cours, le Venezuela vit une grave crise économique et sociale, avec une pénurie de très nombreux produits de base, aliments et médicaments, et une inflation qui devrait atteindre 13.000% en 2018 selon l'estimation du Fonds monétaire international (FMI).

Le Venezuela a connu à partir d'avril dernier des manifestations pour réclamer le départ du président Nicolas Maduro au cours desquelles 125 personnes ont été tuées.

lg/pt/bds/plh/cro

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.