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Bombardier livrera à Delta Air Lines des C Series assemblés à Mirabel

MONTRÉAL — Ayant eu gain de cause dans son litige commercial avec Boeing aux États-Unis, Bombardier compte maintenant livrer à Delta Air Lines des appareils C Series assemblés à ses installations de Mirabel, dans les Laurentides.

Dans les raisons expliquant pourquoi elle avait unanimement rejeté la plainte du géant américain, la Commission américaine sur le commerce international (USITC) avait indiqué que rien n'empêchait la multinationale québécoise d'agir de la sorte.

Le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, a fortement suggéré jeudi qu'il comptait se prévaloir de cette option jusqu'à ce que la ligne d'assemblage prévue à Mobile, en Alabama, soit achevée.

«Les appareils de Delta sont dans l'horizon pour 2018, ils l'ont toujours été», a-t-il expliqué au cours d'une conférence téléphonique avec les analystes afin de discuter des résultats du quatrième trimestre.

La décision rendue le mois dernier par la USITC avait annulé les droits compensatoires de 292,21 pour cent préalablement déterminés par le département du Commerce. Boeing pourrait toutefois porter la décision en appel.

L'avionneur québécois compte maintenant s'asseoir avec Delta, qui avait passé une commande ferme pour 75 CS100 en 2016, afin de déterminer le calendrier des livraisons qui devaient initialement débuter au printemps 2018.

Par courriel, le transporteur aérien établi à Atlanta a dit s'affairer à évaluer le document d'environ 195 pages de la commission américaine, et que la date du début des livraisons de C Series n'avait pas encore été déterminée.

Selon M. Bellemare, la décision de la USITC met fin à une année turbulente et devrait donner un élan à Bombardier.

«Cela insufflera une dose de confiance à nos clients actuels et potentiels. La nouvelle a été très bien accueillie par l'industrie et les compagnies aériennes», a-t-il dit.

Bien que la C Series soit exonérée de tarifs frontaliers, le patron de Bombardier a une fois de plus rappelé la nécessité d'ajouter une ligne d'assemblage au sud de la frontière afin de desservir les clients américains.

Pour le coordonnateur québécois de l'Association internationale des machinistes (AIMTA), Dave Chartrand, l'assemblage de C Series à Mirabel pour Delta permettra d'assurer un maintien au chapitre de la cadence de production.

Au cours d'un entretien téléphonique, il n'a toutefois pas caché sa déception à l'endroit du projet de ligne d'assemblage aux États-Unis.

«Est-ce que cela est la solution la plus logique advenant qu'il puisse y avoir une autre plainte? Cette possibilité est présente. La situation des derniers mois était très inquiétante. Si l'on cessait ce projet (la C Series), c'est une tout autre histoire. Ça aurait été beaucoup plus catastrophique qu'une usine en Alabama», a dit M. Chartrand.

M. Bellemare a estimé que la décision de la USITC représentait une «victoire pour l'innovation» et qu'elle confirme que la famille des appareils 737 de Boeing n'est pas menacée par la C Series, qui se trouve dans un segment abandonné par le géant américain.

Bombardier a livré 17 appareils C Series en 2017, soit un peu moins que sa cible de 20 à 22 livraisons, ayant reçu moins de moteurs en raison de retards chez son fournisseur Pratt & Whitney.

Hausse de participation

En plus d'avoir réduit sa perte au quatrième trimestre, Bombardier a bonifié sa participation dans sa division ferroviaire détenue en partie par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) au terme d'une bonne année.

Sa participation dans Bombardier Transport passera de 70 pour cent à 72,5 pour cent puisque certaines cibles de performance découlant de l'investissement de la CDPQ ont été dépassées. Par conséquent, la participation de la CDPQ, qui avait injecté 1,5 milliard $ US en 2015 pour acquérir 30 pour cent de la division ferroviaire, diminuera de 2,5 pour cent.

«C'est un résultat très positif qui profitera aux actionnaires de Bombardier», a souligné aux analystes M. Bellemare.

Au quatrième trimestre terminé le 31 décembre, Bombardier a affiché une perte nette de 109 millions $ US, ou 58 cents US par action, par rapport à une perte de 259 millions $ US, ou 12 cents US par action, il y a un an.

Les revenus se sont établis à 4,72 milliards $ US, en progression de 7,76 pour cent.

En excluant les éléments non récurrents, le profit ajusté a été de 51 millions $ US, ou deux cents US par action, par rapport à une perte ajustée de 141 millions $ US, ou sept cents US, lors du quatrième trimestre en 2016.

Cette performance a dépassé de deux cents US par action la prévision des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient aussi sur des recettes de 4,75 milliards $ US.

«Plus important encore, les flux de trésorerie disponibles — un indicateur important pour les investisseurs — de 872 millions $ US ont dépassé notre prévision de 643 millions $ US», a souligné l'analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux.

À la Bourse de Toronto, l'action de Bombardier prenait de l'altitude en milieu de séance, gagnant 29 cents, ou 8,8 pour cent, pour se négocier à 3,58 $.

Pour l'exercice, la perte nette s'est chiffrée à 553 millions $ US, ou 25 cents US par action, comparativement à une perte nette de 981 millions $ US, ou 48 cents US, en 2016. L'entreprise a toutefois engrangé un profit ajusté de 63 millions $ US, ou trois cents US par action. En 2016, la perte ajustée avait été de 268 millions $ US, ou 15 cents US par action.

Le chiffre d'affaires est demeuré stable, à 16,2 milliards $ US.

Entreprise dans cette dépêche: (TSX:BBD.B)

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