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09/02/2018 06:12 EST | Actualisé 09/02/2018 13:41 EST

Une cérémonie d'ouverture sous le signe de la paix aux Jeux olympiques de Pyeongchang

C'est Tessa Virtue et Scott Moir qui avaient le privilège de mener la délégation canadienne dans le stade olympique.

Un défilé et une poignée de main pour l'histoire: les Jeux olympiques d'hiver 2018, ont officiellement débuté vendredi à Pyeongchang avec un échange de politesses encore impensable il y a quelques semaines entre la soeur de Kim Jong Un et le président sud-coréen, comme un symbole des Jeux de la paix voulus par le pays organisateur.

Une image fugace, mais un sourire partagé. C'est au début de la cérémonie d'ouverture, peu après 20h00 locales (6h au Québec) que Kim Yo Jong, première membre de la dynastie régnant au Nord à fouler le sol du grand rival depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, et Moon Jae-in, président de la Corée du Sud, se sont serré la main.

Autre symbole fort, intervenu une heure plus tard lors du défilé des athlètes: le passage en commun des sportifs des deux pays, vêtus de blanc et dont les tenues indiquaient seulement le mot "Corée" dans le dos.

Groupés derrière le drapeau de l'unification coréenne - la silhouette bleu pâle de la péninsule sur fond blanc - les Coréens ont reçu une grande ovation de la part des 35 000 spectateurs réunis dans le stade olympique, sous le regard des dirigeants des deux pays.

Dans ces conditions, l'ouverture officielle de ces Jeux, annoncée comme il se doit par le président du pays hôte, la Corée du Sud, a évidemment reçu un triomphal accueil.

"Je déclare les Jeux olympiques de Pyeongchang ouverts", a lancé Moon Jae-in depuis la tribune.

"Vous allez tous nous inspirer, pour vivre en paix et en harmonie, malgré nos différences", avait souligné juste avant Thomas Bach, président aux anges du Comité olympique international (CIO).

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L'entrée des athlètes aux Jeux olympiques de Pyeongchang
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Virtue et Moir mènent la délégation canadienne

Tessa Virtue et Scott Moir étaient tout sourire en agitant le drapeau canadien pendant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pyeongchang.

Les patineurs artistiques, le visage rayonnant, ont mené la délégation canadienne dans le stade olympique de Pyeongchang, l'une des 92 nations à défiler à l'intérieure de cette installation de 35 000 sièges lors d'une soirée venteuse et une température de moins-8 avec le refroidissement éolien.

Virtue, de London, en Ontario, a entrepris cette marche avec l'unifolié avant de le remettre à Moir, d'Iderton, également en Ontario, à mi-chemin de leur tour du stade.

Le duo a remporté une médaille d'or en danse sur glace aux Jeux de Vancouver en 2010 et une d'argent à ceux de Sotchi en 2014. Ils sont pressentis pour monter de nouveau sur le podium en Corée du Sud.

Les athlètes canadiens ont salué la foule, pris des égoportraits et dansé au son de la musique, mais comme les autres nations participantes à ce défilé, ils ont marché plus rapidement que d'habitude vers leurs sièges - sans doute en raison du froid.

Avec 225 athlètes, le Canada mise sur sa délégation la plus importante à des Jeux d'hiver, mais quelques-uns ont préféré faire l'impasse sur ces festivités tandis que d'autres avaient auparavant indiqué qu'ils quitteraient les lieux après le défilé puisque les compétitions commencent samedi.

Le Canada prend part aux 15 sports en Corée du Sud et, selon une analyse de données sportives, on lui prédit une récolte record de 29 médailles, trois de plus qu'à Vancouver il y a huit ans.

Bien que les JO seront officiellement lancés durant la cérémonie, plusieurs qualifications ont lieu dans la journée de vendredi. D'ailleurs, les Québécois ont bien fait dans l'épreuve des bosses en ski acrobatique.

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Une cérémonie d'ouverture des JO haute en couleur!
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Plus de 2900 athlètes et un pouvoir d'unification

Le suspense toujours extrêmement bien gardé, du nom de l'athlète qui a embrasé la vasque olympique a pris fin lorsque la patineuse artistique Kim Yu-na, championne olympique en 2010 à Vancouver et vice-championne olympique à Sotchi il y a quatre ans, est apparue après une pirouette.

Mais ce que l'on retiendra de 2018, ce sont probablement les deux hockeyeuses coréennes, une du Nord, Jong Su Hyon, et une du Sud, Park Jong-ah, engagées dans la même équipe à Pyeongchang, pour une première aux JO qui ont passé ensemble une main sur la torche, le relais à Kim Yu-na. Symbole de plus de la connotation pacifique de la cérémonie.

"C'est ainsi que vous montrez le pouvoir unique du sport d'unir les gens. Un grand exemple de ce pouvoir d'unification est le défilé commun ce soir entre les deux équipes des comités nationaux olympiques de Corée du Sud et de Corée du Nord. Nous vous remercions", avait plus tôt mentionné Thomas Bach, sous les exclamations de la foule.

Les JO-2018, qui s'étaleront jusqu'au 25 février, sont donc d'ores et déjà témoins d'un spectaculaire rapprochement entre les deux Corées, ennemies historiques officiellement toujours en guerre depuis 1953.

Alors que les derniers mois avaient été marqués par de fortes tensions liées aux ambitions nucléaires et balistiques nord-coréennes, les dernières semaines ont bouleversé la donne et abouti à la participation de 22 sportifs nord-coréens aux JO, en plus de l'envoi d'une délégation diplomatique de haut niveau.

Plus de 2900 athlètes représentant 92 Etats, nations ou délégations vont se disputer les 102 titres décernés dans sept sports et 15 disciplines durant cette quinzaine, premier grand rendez-vous de sport de l'année 2018 avant la Coupe du monde de soccer en Russie cet été.

Les dernières semaines qui ont précédé les Jeux ont également été polluées par le dossier russe, un peu à l'identique de ce qui avait pu se passer avant les derniers JO d'été de Rio.

Bannie de ces Jeux d'hiver pour dopage institutionnalisé, la Russie pourra néanmoins compter sur 168 de ces représentants, invités par le CIO car jugés suffisamment "propres".

La délégation des Athlètes olympiques de Russie a donc pu défiler également vendredi soir, derrière la bannière olympique.

Après avoir déposé un dernier recours devant la justice suisse, 47 Russes au profil trouble ont finalement renoncé à leur rêve olympique en retirant leur demande, au moment où la cérémonie d'ouverture débutait.

Tous les ingrédients sont désormais en place pour que les Jeux de la paix fassent la part belle au sport.

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