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07/02/2018 21:04 EST

Venezuela: l'élection présidentielle aura lieu le 22 avril

Une élection présidentielle anticipée aura lieu le 22 avril prochain au Venezuela, où le président Nicolas Maduro veut obtenir un nouveau mandat, alors que l'opposition n'a pas encore décidé si elle participera au scrutin.

"L'élection présidentielle est convoquée pour le 22 avril 2018", a déclaré mercredi la présidente du Conseil national électoral (CNE), Tibisay Lucena, lors d'une allocution diffusée par la télévision officielle vénézuélienne.

L'annonce est intervenue après l'échec des négociations entre le gouvernement et l'opposition sur la date de ce scrutin.

La délégation du gouvernement et celle de la Table de l'unité démocratique (MUD), la coalition de l'opposition, négociaient depuis deux mois à Saint-Domingue pour tenter de parvenir à un accord notamment sur la date de la présidentielle et les modalités du scrutin.

La date choisie n'est pas une surprise. En annonçant l'échec des négociations, le président dominicain Danilo Medina avait indiqué que les deux parties s'étaient mises d'accord mardi sur la date du 22 avril.

Mais la MUD a présenté mercredi une série d'observations sur le texte, a déclaré M. Medina, et la signature prévue n'a pas pu avoir lieu.

L'opposition demandait entre autres que soit levée la privation des droits civiques infligée par le pouvoir à ses deux principaux dirigeants, Henrique Capriles, deux fois candidat à la présidentielle, et Leopoldo Lopez, actuellement en résidence surveillée.

La MUD réclame aussi "la légalisation immédiate, dans les 48 heures", de la MUD et de deux formations appartenant à cette coalition, Primero Justicia de M. Capriles et Voluntad Popular de M. Lopez, tenues à l'écart de la présidentielle par des décisions de la justice et des autorités électorales.

Le principal négociateur de la MUD, Julio Borges, a déclaré que les exigences de l'opposition visaient à garantir "une élection libre", redoutée selon lui par M. Maduro.

Lors d'un rassemblement de ses partisans à Caracas, M. Maduro a fustigé la décision de la MUD de ne pas signer l'accord et a accusé l'opposition de l'avoir prise sur instruction des Etats-Unis, bête noire du pouvoir vénézuélien.

- Convocation 'unilatérale' -

Devant les caméras de télévision, M. Maduro a apposé son paraphe sur une copie du document. "Que l'accord soit appliqué dans toutes ses parties. Je tiens ma parole, j'ai signé", a-t-il lancé.

Auparavant, M. Borges a appelé en vain le pouvoir à ne pas commettre "l'erreur absurde de convoquer des élections de manière unilatérale".

"Maduro n'est pas le propriétaire de la démocratie au Venezuela, ce sont les Vénézuéliens qui le sont et ils doivent être respectés", a dit le négociateur de l'opposition.

Les négociations de Saint-Domingue bénéficiaient notamment de l'implication du président dominicain, de l'ancien chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, et des ministres des Affaires étrangères du Mexique et du Chili.

A la suite de l'échec des négociations, le Mexique puis le Chili ont annoncé qu'ils cessaient leur participation à ce dialogue.

Malgré un taux d'impopularité mesuré à 70%, lié à la grave crise sociale et économique que connaît le Venezuela, caractérisée par l'hyperinflation et par le manque de produits alimentaires et de médicaments essentiels, M. Maduro a de bonnes chances d'être réélu, selon des analystes.

- Solide appui institutionnel -

Il bénéficie d'un solide appui institutionnel, en particulier celui des militaires, des effets d'une forte politique de subventions et du fait que l'opposition est divisée et affaiblie.

Celle-ci n'a pas encore décidé si elle ira à la présidentielle avec un candidat unique ou avec plusieurs candidats, et même si elle participera au scrutin.

Dans le scénario actuel, "c'est clairement la victoire de Maduro qui se dessine", estime la politologue Francine Jacome. Elle souligne à l'AFP que l'opposition manque d'une vraie direction, ses principaux dirigeants étant privés de leurs droits civiques.

Le jour même de l'annonce de la date de l'élection, M. Maduro a lancé un nouveau mouvement politique qui soutiendra sa candidature.

Le président a présenté ce mouvement, baptisé Somos Venezuela (Nous sommes le Venezuela), lors du rassemblement en plein air à Caracas de plusieurs milliers de ses partisans.

M. Maduro ainsi cherche à consolider son identité politique et à se démarquer de ses adversaires au sein du chavisme, la doctrine héritée de son prédécesseur et mentor Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013.

La candidature de M. Maduro à la réélection est aussi soutenue par le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV, au pouvoir) fondé par Hugo Chavez.

"Le PSUV est le parti de Chavez, Somos Venezuela est celui de Maduro", a résumé un expert électoral, Eugenio Martinez.

"Le madurisme est en train de naître. Jusqu'à présent, le discours de Maduro se concentrait sur la volonté de se présenter comme l'héritier de Chavez, et il restait attaché au PSUV et à tous ses symboles. Maduro accède maintenant à sa majorité politique", a commenté Andres Canizalez, un spécialiste de la communication.

Ces derniers mois, M. Maduro a d'ailleurs multiplié les attaques contre des "traîtres" qui existeraient au sein du PSUV.

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