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08/02/2018 06:10 EST

Salaires : les fonctionnaires allemands veulent à leur tour 6% de hausse

Les fonctionnaires allemands ont réclamé jeudi une hausse de 6% des salaires, encouragés par la récente victoire des métallos et faisant ressurgir, en cas d'impasse, le spectre des grèves de 2016, notamment dans les crèches et les aéroports.

Les principaux syndicats du secteur public (Verdi, GEW et DBB) se sont aussi mis d'accord pour exiger que cette hausse se traduise par au moins 200 euros de plus mensuellement pour les 2,3 millions de fonctionnaires des communes et de l'Etat fédéral.

Les fonctionnaires surfent sur la récente victoire d'IG Metall, le puissant syndicat allemand de la métallurgie, vaste branche comprenant notamment l'automobile.

L'organisation, qui donne traditionnellement le ton dans le paysage syndical allemand, vient d'arracher un accord inédit sur le droit à la semaine de 28 heures -pour une durée limitée- et une hausse des salaires de 4,3%, après avoir exigé initialement 6%.

Du côté des fonctionnaires, il n'est plus question dans les revendications de réduction ou d'aménagement du temps de travail.

Ulrich Silberbach, le patron de la Fédération allemande des fonctionnaires (DBB), avait pourtant évoqué en janvier dans la presse vouloir obtenir un passage de 41 à 39 heures hebdomadaires.

"Les revenus des travailleurs doivent suivre la hausse du coût de la vie et le développement économique, c'est pourquoi une forte augmentation des salaires réels est indispensable", a fait valoir jeudi Marlis Tepe, le président du principal syndicat d'enseignants GEW, mentionnant l'excellente santé des finances publiques allemandes.

L'Allemagne a en effet dégagé en 2017 un excédent budgétaire record de 38,4 milliards d'euros, une rareté en Europe, et les appels à dépenser se sont multipliés à l'intérieur comme à l'extérieur de ce pays.

Les représentants des fonctionnaires doivent commencer à négocier le renouvellement de leur accord de branche avec le ministère de l'Intérieur le 26 février prochain à Potsdam, près de Berlin.

En 2014 et 2016, avant et pendant les précédentes négociations sectorielles, Verdi avait appelé, conformément à la tradition de mise sous pression des employeurs, à des grèves d'avertissement qui avaient perturbé le fonctionnement de nombreux secteurs, comme le ramassage des ordures et les crèches, les hôpitaux et les transports.

bur-dar/esp/bds