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07/02/2018 22:46 EST

Maldives: le président de la Cour suprême menacé de mort (avocat)

Le président de la Cour suprême des Maldives, arrêté mardi dans le cadre du coup de force en cours du régime, avait reçu des menaces de mort avant son interpellation, a indiqué jeudi son avocat.

Abdulla Saeed avait été averti qu'il serait "coupé en morceaux" s'il ne revenait pas sur l'arrêt de son instance annulant la condamnation d'éminents opposants, a déclaré son avocat Hisaan Hussain. Il n'a pas précisé la source de ces menaces.

"Le président de la Cour a été traîné de force sur le sol de son logis par des membres de forces de sécurité en uniforme et protection anti-émeutes lorsqu'il leur a dit qu'ils commettaient un outrage à la cour", a-t-il ajouté. L'exécutif l'accuse d'avoir reçu des pots-de-vin pour le renverser.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit évoquer jeudi la situation dans cet archipel de l'océan Indien après "l'attaque en règle contre la démocratie", selon les termes d'un haut responsable onusien, du président Abdulla Yameen.

Refusant de se conformer à l'injonction de la Cour suprême de libérer des prisonniers politiques, Malé a décrété l'état d'urgence pour quinze jours et fait arrêter le président de la Cour ainsi qu'un second juge de la haute juridiction. Le régime a également procédé à une série d'interpellations dans les milieux de l'opposition.

Après l'arrestation des deux juges mardi à l'aube, les trois magistrats restants de la plus haute instance judiciaire du pays ont révoqué leur arrêt pourtant pris à l'unanimité la semaine précédente. L'opposition en exil y voit le résultat de pressions des autorités sur le système judiciaire.

Depuis son élection controversée en 2013, Abdulla Yameen mène une répression féroce contre ses détracteurs ou ses alliés tombés en disgrâce. Les responsables de l'opposition sont pour la plupart en exil ou derrière les barreaux. La société civile est muselée.

Dans un communiqué, le ministère français des Affaires étrangères s'est dit "préoccupé par la suspension des libertés publiques et par les arrestations" aux Maldives. Le Quai d'Orsay a appelé à un "retour rapide du fonctionnement normal des institutions et au respect de l'État de droit".

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