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08/02/2018 07:18 EST

Madrid assure que le Brexit le changera pas la vie à Gibraltar

Le ministre espagnol des Affaires étrangères a assuré jeudi que le passage des milliers de travailleurs frontaliers entre Gibraltar et l'Espagne ne serait pas affecté par le Brexit malgré la revendication de Madrid sur le territoire britannique.

"Rien ne va changer", après la sortie du Royaume Uni de l'Union européenne, a déclaré le ministre Alfonso Dastis dans un entretien avec l'AFP.

"Si possible, nous prétendons améliorer les choses mais (le Brexit) n'affectera pas cette navette quotidienne. On pourra continuer à vivre dans un lieu et travailler dans l'autre".

"Nous n'avons pas l'intention, a-t-il dit, de rendre la vie difficile aux gens, ni de fermer aucune barrière ni de compliquer la mobilité".

Des milliers d'Espagnols mais aussi de ressortissants d'autres nationalités établis en Espagne passent la frontière tous les jours pour aller travailler dans le petit territoire britannique, essentiellement dans les services financiers et l'industrie des jeux en ligne. Des Gibraltariens font le chemin en sens inverse.

L'Espagne revendique ce territoire qu'elle avait cédé en 1713 à la couronne britannique.

En 1969 le dictateur Francisco Franco avait même fermé la frontière, bouleversant la vie des habitants et de leurs voisins espagnols. Elle n'avait rouvert qu'en 1985, juste avant avec l'entrée de l'Espagne dans l'Union européenne.

Les relations ont connu des hauts et des bas depuis, le gouvernement espagnol accusant Gibraltar d'être un paradis fiscal ou de tolérer la contrebande de tabac.

L'Espagne avait fait sauter les alarmes à Gibraltar en obtenant de ses partenaires un droit de véto sur l'application à Gibraltar du futur accord sur les relations entre Londres et les 27.

Le ministre a réaffirmé qu'il ne voulait pas faire de la revendication espagnole sur "le Rocher" un blocage dans les négociations sur les termes de la sortie du Royaume Uni de l'Union européenne.

"Nous sommes nous mêmes très intéressés à maintenir les relations, très étroites, que nous avons avec le Royaume Uni et que nous souhaitons améliorer en termes d'échanges humains et en termes d'investissements", a-t-il poursuivi. Le Royaume Uni est la première destination de nos investisseurs".

"Mais il nous parait logique, a déclaré le ministre, de suspendre l'application de l'accord (UE-Royaume Uni) à Gibraltar à la résolution de petits problèmes irritants" comme la possibilité d'utiliser conjointement le petit aéroport de Gibraltar et les échanges de données fiscales.

L'aéroport a été construit sur une bande de terre reliant le Rocher à l'Espagne qui n'était pas comprise dans la cession de 1713.

L'Espagne soulève régulièrement la question des échanges de données fiscales alors que Gibraltar affirme respecter les accords internationaux en la matière.

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