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07/02/2018 23:34 EST

Le vote social-démocrate sur le gouvernement allemand, mode d'emploi

Les militants du parti social-démocrate doivent décider à l'occasion d'un référendum interne s'ils acceptent ou non de reconduire leur coalition avec Angela Merkel, un vote à l'issue incertaine dont voici les principaux aspects et conséquences.

- Les forces en présence -

Les 463.723 militants enregistrés au SPD au 6 février peuvent voter. Ceux-ci sont âgés d'au moins 14 ans et ne sont pas nécessairement des ressortissants allemands.

Le vote se tiendra du 20 février au 2 mars par voie postale et un résultat doit être annoncé le 4 mars. Il est difficile de prédire l'issue, mais le scrutin pourrait bien être serré malgré le positionnement de la direction du parti en faveur de l'accord et les concessions importantes consenties par Mme Merkel.

En janvier, les quelque 640 délégués du SPD --les cadres du parti-- avaient déjà affiché leurs divisions en n'approuvant qu'à 56% l'ouverture de négociations gouvernementales avec les conservateurs d'Angela Merkel. Une gifle pour leur chef Martin Schulz.

Le patron des jeunes du parti Kevin Künhert est devenu la figure de proue des opposants à une coalition. Il a lancé une récente campagne d'adhésion au SPD avec pour seul objectif d'attirer des membres hostiles à une alliance avec la droite. Le parti a gagné près de 25.000 militants en quelques semaines.

- "Oui" = Merkel chancelière -

Si les militants du SPD votent pour la reconduction de la coalition, Angela Merkel devrait être courant mars élue chancelière une quatrième fois par la chambre des députés, le Bundestag.

Dans ce cas de figure, sa candidature sera formellement présentée par le président Frank-Walter Steinmeier et elle devra obtenir la majorité absolue des élus. Le chef de l'Etat nommera ensuite les ministres sur proposition de la chancelière.

Le gouvernement pourrait donc être en place durant la deuxième quinzaine de mars, soit 6 mois après les législatives, un record. Le quatrième mandat d'Angela Merkel s'achèverait lui à l'automne 2021 en même temps que la législature.

- Et si c'était "Non" ? -

Le parti social-démocrate devrait alors s'en tenir au choix de ses militants et ne pourrait soutenir Mme Merkel au Bundestag. Faute d'autre alliance possible en vue d'une majorité, l'Allemagne plongerait dans une situation politique inédite et difficile.

Ce scénario est cependant prévu par l'article 63 de la Loi fondamentale, la Constitution du pays.

Le chef de l'Etat doit alors proposer aux députés un candidat à la chancellerie. Dans ce cas précis, il s'agira en toute probabilité d'Angela Merkel, arrivée en tête aux législatives. Si elle échoue à rassembler une majorité absolue, le vote peut être reconduit dans les 14 jours qui suivent. En cas de nouvel échec, un troisième vote aura lieu et, à ce stade, la majorité simple lui suffira à être élue.

Frank-Walter Steinmeier aura alors sept jours pour décider s'il nomme Angela Merkel chancelière pour diriger dans ce cas un gouvernement minoritaire. A défaut, il devrait dissoudre le Bundestag et convoquerait de nouvelles élections.

Dans les faits, c'est la dirigeante conservatrice qui décidera lequel des deux scénarios elle préfère.

Comme la chancelière a promis de ne pas gouverner sans majorité claire, la dissolution est l'option la plus probable et de nouvelles élections devraient alors se tenir dans les 60 jours.

alf/ylf/pg