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08/02/2018 04:55 EST

Le Tadjikistan amnistie plus de 110 citoyens de retour de Syrie

Plus de 110 citoyens tadjiks qui avaient rejoint des groupes jihadistes en Irak et en Syrie ont été amnistiés après leur retour au Tadjikistan, a annoncé jeudi le ministre de l'Intérieur de ce pays d'Asie centrale.

"En ce qui concerne le sort des 111 citoyens tadjiks qui sont revenus de Syrie et d'Irak de leur propre gré, ils sont tous libres conformément à la loi tadjike", a déclaré le ministre Ramazon Rakhimzoda au cours d'une conférence de presse.

M. Rakhimzoda a dit que les anciens jihadistes avaient été amnistiés conformément à une promesse du gouvernement datant de 2015.

Selon lui, au moins 250 autres citoyens du Tadjikistan, ex-république soviétique pauvre à majorité musulmane, sont morts en combattant dans les rangs de groupes jihadistes tels que celui de l'organisation Etat islamique (EI).

Les autorités tadjikes avaient auparavant annoncé que plus de 1.000 de leurs citoyens, dont des femmes et des enfants, avaient rejoint les jihadistes en Irak et en Syrie.

Parmi eux, l'ancien responsable des forces spéciales de la police tadjike, le colonel Goulmourod Khalimov, a rejoint en 2015 l'EI en Syrie, et menacé d'attaques le gouvernement de son pays natal.

Sa mort a été annoncée à plusieurs reprises mais jamais confirmée par les autorités tadjikes.

Le Tadjikistan, qui partage plus de 1.300 kilomètres de frontières avec l'Afghanistan et qui a traversé dans les années 1990 une terrible guerre civile, a fait de la lutte contre l'intégrisme religieux une priorité.

Les autorités ont pris en 2015 des mesures radicales pour contrer l'influence grandissante des extrémistes religieux, parmi lesquelles le rasage forcé des barbes, des restrictions pour le pèlerinage annuel à La Mecque et une campagne contre le port du hijab.

Elles ont également interdit le parti d'opposition de la Renaissance islamique, l'accusant d'avoir cherché à instaurer un "État islamique" dans ce pays laïc et autoritaire.

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