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08/02/2018 04:29 EST

Le président du parlement catalan rend visite aux indépendantistes écroués

Le nouveau président du parlement de Catalogne a pour la première fois rendu visite jeudi aux dirigeants indépendantistes en prison près de Madrid - dont l'ancien vice-président régional, en pleines tractations sur la formation d'un gouvernement catalan.

Les indépendantistes de Catalogne (nord-est) doivent décider s'ils continuent de soutenir la candidature à la présidence de la région de Carles Puigdemont, exilé volontaire en Belgique depuis trois mois, qui risquerait d'être arrêté pour "rébellion" et "sédition" s'il rentrait.

A la prison d'Estremera, dans les environs de Madrid, Roger Torrent a rendu visite à l'ancien numéro deux de la région, l'indépendantiste de gauche Oriol Junqueras, ainsi qu'à l'ancien responsable régional de l'Intérieur, Joaquim Forn.

"Évidemment, cette réunion a été très fructueuse tant du point de vue humain que du point de vue politique", a-t-il ensuite déclaré à la presse, sans entrer dans les détails des sujets abordés.

MM. Junqueras et Forn sont en détention provisoire depuis début novembre pour "rébellion" et "sédition", dans le cadre d'une enquête sur leur participation au processus indépendantiste ayant conduit à la proclamation le 27 octobre d'une "République catalane" restée sans effets.

M. Torrent a de nouveau demandé leur libération en affirmant: "Ils n'auraient jamais dû être en prison, ils y sont pour une affaire politique, un procès politique".

Dans l'après-midi, il devait se rendre à la prison de Soto del Real près de Madrid, pour rencontrer Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, dirigeants d'associations indépendantistes en détention provisoire depuis la mi-octobre.

La séance d'investiture du président par le Parlement catalan, prévue le 30 janvier, avait été reportée sine die.

Des dissensions avaient surgi au sein du camp sécessionniste catalan, divisé entre la volonté de maintenir coûte que coûte la candidature problématique de M. Puigdemont et celle de trouver un autre postulant à la présidence.

M. Puigdemont avait été destitué en même temps que tout son gouvernement, le 27 octobre, quand le gouvernement espagnol avait pris le contrôle de la région. Les partis séparatistes avaient ensuite remporté en décembre les élections convoquées par Madrid pour renouveler le parlement catalan.

Son groupe parlementaire "Ensemble pour la Catalogne" et celui de MM. Torrent et Junqueras du parti Gauche républicaine de Catalogne (ERC) négocient actuellement une formule pour former un gouvernement "légal" et ainsi en finir avec le placement sous tutelle de la région.

M. Junqueras avait proposé début février d'attribuer à M. Puigdemont une présidence "symbolique" tandis qu'une présidence exécutive serait occupée par quelqu'un d'autre.

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