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08/02/2018 00:32 EST

La grande coalition allemande, une très bonne nouvelle pour Macron (responsable français)

La France s'est félicitée jeudi d'avoir de nouveau un "partenaire solide" en Allemagne après le pacte gouvernemental conclu entre la chancelière Angela Merkel et les sociaux-démocrates, estimant qu'il va permettre de "mettre en oeuvre les chantiers" lancés par le président Emmanuel Macron.

"C'est vraiment une très bonne nouvelle que de voir nos amis allemands trouver le chemin d'un pacte gouvernemental parce que nous avions besoin d'avoir des partenaires solides qui puissent être à nouveau à l'initiative", a déclaré le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, sur la chaîne parlementaire LCP.

Le projet européen d'Emmanuel Macron pour relancer l'Europe - il prône notamment un budget et un ministre des Finances de la zone euro - "a rencontré un écho favorable dans les discussions entre le SPD, la CDU et la CSU" (sociaux-démocrates et conservateurs allemands), a-t-il ajouté.

"D'ailleurs c'est Martin Schulz, le président du SPD (sociaux-démocrates), qui devrait devenir ministre des Affaires étrangères si j'en crois les informations. C'est quelqu'un qui a l'ADN européen en lui", a relevé Jean-Baptiste Lemoyne en référence à l'ancien président du Parlement européen.

"Nul doute que tous ces chantiers que Emmanuel Macron a mis sur la table lors de son discours à la Sorbonne au mois de septembre, nous allons pouvoir les mettre en oeuvre parce que le moteur franco-allemand est crucial et on est à un moment-clé, à un tournant de l'Union européenne avec le Brexit", a-t-il ajouté.

Outre les Affaires étrangères, le ministère des Finances est aussi promis aux sociaux-démocrates, marquant une rupture avec l'ère du conservateur Wolfgang Schäuble, très rigoriste gardien de l'orthodoxie budgétaire dans son pays et en Europe.

Le contrat de coalition endosse notamment l'idée d'un budget de la zone euro pour des investissements communs, alors que pendant des mois les conservateurs d'Angela Merkel avaient fait la sourde oreille.

"On voit bien qu'il y a quand même une tendance, une logique à doter l'Union européenne d'instruments qui vont permettre de préparer l'avenir, d'avoir des vrais projets à l'échelle européenne", a souligné Jean-Baptiste Lemoyne.

La France va par ailleurs continuer à plaider pour des listes transnationales aux prochaines élections européennes en 2019, même si l'idée a été rejetée mercredi au Parlement européen.

"Cela ne nous décourage pas, nous continuerons à porter cette proposition (...) haut et fort, nonobstant les petits retards", a assuré M. Lemoyne.

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