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08/02/2018 06:15 EST | Actualisé 08/02/2018 16:24 EST

La complicité opère toujours pour les trois soeurs Dufour-Lapointe

Les trois soeurs Dufour-Lapointe ont vécu des moments inoubliables aux Jeux de Sotchi, en 2014. Non seulement ont-elles mérité leur place au sein de l'équipe olympique canadienne et participé ensemble à l'épreuve des bosses, mais Justine et Chloé ont couronné le tout avec une performance que leur a valu l'or et l'argent.

Quatre ans plus tard, celles qui sont désormais connues comme les 3SDL se retrouvent à Pyeongchang, mais cette fois l'aînée, Maxime, y tient le rôle de spectatrice, n'ayant pu obtenir sa sélection. Qu'à cela ne tienne, elles n'ont rien perdu de leur grande complicité. L'esprit de famille est effectivement une valeur fondamentale chez les Dufour-Lapointe.

«Nos parents nous ont toujours inculqué de bonnes valeurs, constate Justine, la plus jeune des trois à 23 ans. Chacune de nous a des forces et des faiblesses. Elles sont différentes parce que nous avons des personnalités différentes. Notre mère nous a toujours enseigné à nous respecter l'une et l'autre.

«On peut avoir des ex-amies, des ex-chums, des ex-ci, mais pas d'ex-soeurs. Mes soeurs vont le rester pour le restant de ma vie. Alors pourquoi ne pas bâtir une relation forte, de communication, de respect et d'entraide. Pour nous, ç'a toujours été le cas. Nous avons appris à nous parler et c'est la clé de notre relation.»

Il suffit de passer quelques minutes en leur compagnie et de leur demander de se décrire l'une l'autre pour réaliser la profondeur des liens qui les unissent.

«Justine est énergique, elle a un comportement de leader qu'elle aime partager. C'est l'une de ses forces, analyse Maxime. Elle veut amener les autres dans son sillage. En même temps, elle affiche une joie de vivre, une légèreté qui est très communicative.

«Chloé a pour sa part un oeil perçant, elle voit bien les choses. Et elle sait nous le communiquer. Elle amène un point de vue émotif, instinctif, que Justine et moi n'aurions pas vu. Je peux dire que mes deux soeurs m'apportent tout ce qui est dans mon angle mort.»

S'il faut en croire Chloé, Justine est le bout-en-train de la famille.

«Justine, c'est la joie de vivre. Elle a toujours un plan, un projet, quelque chose à faire pour nous occuper. C'est elle qui gère l'agenda. En voyage, elle nous dit, 'Je vous ai prévu ça'», raconte-t-elle suscitant les rires de Justine.

«En même temps, elle est fouineuse, elle veut tout savoir. Nous avons essayé de lui organiser une fête et ça n'a pas été facile de le lui cacher.

«Maxime, elle, est très organisée. Elle ne laisse rien au hasard» note-t-elle, ce qui incite la principale intéressée à reconnaître son côté très sérieuse, parfois même rigide.

«Mais quand elle est avec nous et qu'elle se sent en sécurité, elle se laisse aller. Et quand c'est le cas, ça peut être très drôle...» poursuit Chloé.

Justine confirme les traits de personnalité que ses soeurs ont décrit au moment de s'exprimer à son tour.

«Chloé, elle suit son instinct. Je me sens privilégiée d'être dans son cercle d'intimes parce que ce n'est pas tout le monde qui y a accès, lance-t-elle d'emblée, suscitant le rire des trois.

«Elle n'accorde pas sa confiance facilement. Elle choisit à qui elle donne son temps. Je suis très privilégiée de faire partie de ces élues. Mais peut-être qu'elle ne m'a pas choisie, qu'elle n'a pas eu trop le choix...

«Je lui fais confiance à 110 pour cent. C'est une passionnée, une fille de coeur. Mais quand elle dit que c'est non, c'est non!», ajoute-t-elle, ce que Chloé confirme.

La médaillée d'or de 2014 apprécie par ailleurs la sagesse de sa soeur aînée.

«Maxime, c'est une espèce de radar rationnel. Elle voit les choses comme elles sont. C'est la pureté, elle ne voit pas la malice chez les gens. Elle est complètement transparente, elle ne ment pas.

«Elle m'apporte beaucoup de réconfort quand j'en ai besoin, c'est ma grande soeur. Elle va toujours amener quelque chose de nouveau, de sensé, de rationnel.»

Justine et Chloé sont conscientes qu'elles ont un défi de taille à relever à Pyeongchang, celui de défendre leurs médailles. Mais elles refusent d'en faire une obsession.

«Nous n'allons pas là avec l'idée de répéter ou de défendre ou de refaire ce que nous avons déjà fait, affirme Chloé, membre de l'équipe nationale depuis 2007. Nous nous concentrons à offrir la meilleure performance possible et si les étoiles s'alignent, peut-être que c'est possible. En fait, c'est possible.»

L'épreuve des bosses chez les dames est programmée dimanche soir à Pyeongchang — la finale est prévue à 8h10 HNE, dimanche matin.