NOUVELLES
08/02/2018 02:27 EST

JO-2018: entre cork et grab, maîtrisez le vocabulaire spécifique du freestyle

"Run", "pipe", "cork", "grab": l'ensemble du vocabulaire utilisé dans les disciplines freestyle, qu'il s'agisse du snowboard ou du ski, est directement importé, sans traduction évidemment, des États-Unis, où ces disciplines ont vu le jour et se sont développées.

Sophie Rodriguez et Clémence Grimal, deux des trois snowboardeuses françaises sélectionnées pour les JO-2018, livrent leur mode d'emploi de ce vocabulaire, pour essayer d'y voir un peu plus clair.

. La base

Ces disciplines spectaculaires sont arrivées au programme olympique entre le début des années 1990 et le milieu des années 2000. Mais attention, on ne parle plus de ski acrobatique depuis longtemps, mais de "freestyle".

Dans le même ordre d'idée, pour éviter des termes "old school" que l'on réserve à l'alpin, ce ne sont pas des participants ou des concurrents qui s'élancent, mais des "riders".

"Le premier mot que les gens vont beaucoup entendre, c'est +run+. On ne parle pas de passage ou de manche (là aussi réservés à l'alpin), mais de run", précise Sophie Rodriguez, qui à 29 ans disputera en Corée du Sud ses quatrièmes JO.

En snowboard, les riders sont soit "goofy" (le pied droit est à l'avant), soit "regular" (le pied gauche à l'avant). Et il arrive qu'ils "switch", à savoir attaquer du pied droit pour un regular et vice-versa.

. Le site

Un "tube de neige" n'évoque absolument rien aux spécialistes du freestyle, "pipe" (avec prononciation à l'anglaise) étant le seul terme utilisé. Il s'agit d'une sorte de baignoire géante, où les riders tentent d'enchaîner un maximum de "tricks", à savoir des figures, notées par des juges.

Et dans le pipe, gare aux "copings". Cela "correspond à l'angle des plateformes sur le haut du pipe. Quand on se dit +On se prend le coping+, et ça arrive souvent, c'est que l'on atterrit sur le haut, entraînant la chute avec le rebond dans ce que l'on appelle le +flat du pipe+, à savoir le creux du pipe", ajoute Sophie Rodriguez.

La +vert'+ fait référence à l'inclinaison des parois du pipe, alors que le parcours de slopestyle est lui constitué de gros tremplins de saut et de +rails+, des modules en fer ou en plastique sur lesquels le rider glisse en travers ou en longueur.

. Les figures

Les riders ne rentrent pas, mais "dropent" dans le pipe. "On slashe aussi, c'est le fait de mettre des petits coups dans la neige pour faire des petites gerbes sur le côté", plaisante Clémence Grimal.

+Cork+ par-ci, +cork+ par-là. Les (télé)spectateurs vont entendre très souvent parler de ce terme. "Les corks, ce sont juste des rotations désaxées. Ce n'est pas vraiment une tête en bas, ce n'est pas vraiment une rotation à plat", explique Rodriguez, native d'Echirolles.

"En fait, on dit cork, avec derrière le nombre de tours que l'on réalise. Un cork 720, un cork 900. 360, ça correspond à un tour, 720 deux tours et ainsi de suite". Avec une élévation de près de quatre mètres par rapport aux pipe, les meilleurs peuvent tenter des 1440, également appelés +fourteen+.

Pour empocher le maximum de points sur un run, les riders sont en revanche obligés de mettre un grab (de l'anglais "to grab", qui signifie attraper). "C'est vraiment important dans la notation. Pour qu'une rotation soit parfaite, il faut un grab", confie Sophie Rodriguez.

La variété de grabs est quasiment infinie, dépendant de la main qui attrape la planche, de l'endroit où se pose la main. Ainsi, "tailgrab" c'est lorsque l'on attrape la spatule arrière, "nosegrab" pour l'avant, "indy" pour un grab entre les pieds, etc...

Dans l'idéal, le "trick" doit être "tweaké", à savoir affiné. "C'est comme si l'on bloquait le mouvement, comme un flash photo, on reste un petit moment et on repart. Le +tweak+, c'est exagérer le +grab+, un niveau au-dessus".

tba/stt/cto