NOUVELLES
08/02/2018 04:04 EST

Indonésie: un baron de la drogue dirigeait un trafic de sa cellule

Un baron de la drogue indonésien condamné à mort a été à la tête, du fond de sa cellule, d'un réseau de trafic de méthamphétamine et d'ecstasy, aujourd'hui démantelé, a annoncé jeudi la police.

Une douzaine de personnes ont été arrêtées tandis que la police dit avoir saisi près de 111 kilos de métamphétamine et plus de 18.000 pilules d'ecstasy dans les provinces d'Aceh et de Sumatra du Nord.

Condamné à la peine de mort à deux reprises pour trafic de drogue, Togiman, aussi connu sous le nom de Toge, a dirigé depuis la prison son réseau aux ramifications s'étendant jusqu'au crime organisé malaisien, a fait savoir la police.

"La tête pensante était Togiman", a affirmé Sulistiandriatmoko, porte-parole de l'agence antidrogue d'Indonésie.

"Il a dû avoir de nombreux autres complices. (Les suspects sont) probablement juste les premiers que nous avons attrapés. Nous continuerons à investiguer", a-t-il expliqué.

Le prisonnier sexagénaire sera inculpé de trafic de drogues, ont poursuivi les autorités, précisant que ce sera aux tribunaux de décider s'il doit être condamné une troisième fois à mort.

On ignore encore comment il a été capable de coordonner un réseau criminel tout en étant derrière les barreaux, mais les prisons lourdement corrompues d'Indonésie sont réputées pour leur criminalité rampante.

"50% du trafic de drogues se fait de l'intérieur des prisons", a constaté Budi Waseso, directeur de l'agence antidrogue.

L'année dernière, le gouvernement s'est engagé à emprisonner les gardiens pénitentiaires acceptant des pots-de-vin de la part de détenus en échange d'un traitement de faveur.

Dans un cas notoire, une femme d'affaires emprisonnée pour corruption avait ainsi été surprise en possession de biens interdits dans sa cellule, comme un matelas à ressorts, un canapé, un frigo, une télévision et l'air conditionné.

En Indonésie, où la législation contre le trafic de drogue est l'une des plus sévères au monde, plusieurs ressortissants étrangers et indonésiens ont été exécutés ces dernières années. Comme les Australiens Andrew Chan et Myuran Sukumaran fusillés dans une prison indonésienne en 2015, une affaire qui a provoqué l'indignation de la communauté internationale et un appel pour l'abolition de la peine de mort.

rws/pb/fa/shm/lb