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08/02/2018 08:38 EST

Grèce: Varoufakis lance la campagne de financement de son futur parti

L'ex-ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a lancé jeudi une campagne de financement de son futur parti en Grèce, prônant "le retour du +Printemps grec+", mais sa pratique européenne a été éreintée par le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

"On ne fait pas l'Europe tout seul dans sa cuisine", a déclaré M. Moscovici au sujet de M. Varoufakis, au cours d'une rencontre avec le public dans une librairie athénienne.

Il a "promis" d'écrire sa version des turbulences euro-grecques de 2015, relevant qu'elle "ne sera pas la même" que celle de M. Varoufakis dans son ouvrage "Conversations entre adultes". "Ce sont des contes pour enfants", a-t-il jugé.

"Le moment est venu de lancer DiEM25 en Grèce (...) Allez-vous nous rejoindre ?", avait plus tôt annoncé sur son compte Twitter Yanis Varoufakis, économiste et homme politique parfois controversé.

Ce parti, qui sera inauguré le 26 mars en Grèce, s'inscrit dans le mouvement européen DiEM25 que M. Varoufakis a lancé début 2016. Il se veut "une force politique pour faire revenir l'esprit du +Printemps grec+".

Après sa confrontation tendue avec les créanciers de la Grèce, UE et FMI, en tant que ministre des Finances (janvier-juillet 2015) du premier gouvernement Syriza d'Alexis Tsipras, Yanis Varoufakis a créé DiEM25 comme un mouvement européen transnational et radical pour lutter contre "l'establishment" qui gouverne l'Europe.

L'acronyme DiEM 25 signifie "mouvement pour la démocratie en Europe (à l'horizon) 2025".

Il prône "un +New Deal+ européen", "une alternative pour la Grèce à l'impasse actuelle de l'Europe".

Le communiqué publié jeudi par M. Varoufakis appelle ses concitoyens à soutenir son parti financièrement car "à l'opposé de nos rivaux de +l'Establishement+, DiEM25 rejette tout financement provenant des entreprises et institutions".

"Nous sommes redevables seulement auprès de vous et aux principes et idéaux que nous partageons", conclut cet appel sur le web. Le communiqué cite la journaliste canadienne Naomi Klein, l'intellectuel américain Noam Chomsky et le musicien britannique Brian Eno parmi les personnalités soutenant son parti.

Selon lui, le mouvement compte des dizaines de milliers de membres, notamment en Allemagne et en France.

Le 21 janvier, Yanis Varoufakis, et Benoît Hamon, l'ex-candidat socialiste à la présidentielle française, ont lancé leur campagne pour les élections européennes de 2019, affirmant vouloir la constitution dans toute l'Europe de listes partageant un programme commun, pour une Europe rompant avec l'austérité.

M. Varoufakis avait alors expliqué qu'il s'agissait de faire travailler ensemble différentes listes nationales, qui soutiendront un candidat commun pour la présidence de l'UE.

Les élections législatives en Grèce sont également prévues en 2019, au mois de septembre.

"Il est absurde de laisser l'Europe à la droite et au centre", a convenu M. Moscovici, ex-ministre socialiste français, devant son public athénien. Mais il a jugé que le mandat de M. Varoufakis avait coûté "très cher" à la Grèce.

"Varoufakis est un intellectuel charmant (...) mais quand vous pensez avoir raison contre tous vos ennemis et tous vos amis, vous avez un problème", a-t-il jugé.

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