BIEN-ÊTRE
06/02/2018 16:34 EST | Actualisé 06/02/2018 16:34 EST

10 raisons de visiter le Sénégal

Entre mer et désert, les richesses naturelles et l'effervescence culturelle promettent un séjour inoubliable.

Salvador-Aznar via Getty Images

Ex-colonie française, le Sénégal constitue une merveilleuse introduction à l'Afrique de l'Ouest. Indépendant depuis 1960, le pays est réputé pour la chaleur de ses habitants. Entre mer et désert, les richesses naturelles et l'effervescence culturelle promettent un séjour inoubliable. Après tout, le surnom du Sénégal est «le pays de la Teranga», qui signifie «hospitalité»!

1- Son accessibilité, sa tolérance et son sens de l'accueil

Le Sénégal est la destination parfaite pour un premier voyage en Afrique de l'Ouest. Pour s'y rendre de Montréal avec Air France, il faut calculer environ 17 heures avec escale à Paris. On y trouve de tout: des hôtels luxueux comme des hébergements chez l'habitant sans électricité ni eau chaude, des repas traditionnels dégustés dans un grand plat commun comme des mets internationaux ou du dibi, barbecue très prisé des Sénégalais.

Bien que différentes langues soient parlées un peu partout au pays, le français continue d'être enseigné à l'école. Il est généralement assez facile de communiquer et le tourisme est plus développé que dans les pays voisins. La majorité des habitants sont musulmans, mais on trouve tout de même 5% de chrétiens. Les religions cohabitent d'ailleurs très harmonieusement. L'exemple qui illustre le mieux cette réalité est sans doute le cimetière mixte de Fadiouth, surnommée l'île aux coquillages, où sont enterrés les défunts peu importe leurs croyances.

Le pays compte deux saisons. La saison sèche, d'octobre à juin, est sans doute le meilleur moment pour s'y rendre. L'idéal pour se déplacer est de louer une voiture avec chauffeur, car conduire peut représenter un défi non seulement à cause de l'état des routes dans certains secteurs, mais aussi à cause des pratiques déstabilisantes des conducteurs.

À noter que The Independant a inclus Dakar dans sa liste de destinations à visiter en 2018, soulignant ses fêtes sur la plage.

2- Sa faune et sa flore

Il y a bien sûr les baobabs et leurs impressionnantes statures, qui ont traversé les siècles. Mais ce ne sont pas les seuls arbres qui en mettent plein la vue. Les flamboyants, les manguiers et autres bougainvillers captent autant l'attention des yeux que des narines. Les fromagers, que certains confondent parfois avec les baobabs, ne laissent pas non plus indifférents. Le plus célèbre du pays, le Grand fromager de Missirah, aurait plus de 1000 ans!

On ne fait peut-être pas de safaris comme en Tanzanie ou en Afrique du Sud au Sénégal, mais il est tout de même possible d'observer les animaux dans certaines zones protégées. Coup de cœur de l'autrice de ces lignes : la Réserve de Bandia, à 65 km de Dakar, où girafes, phacochères, buffles, autruches, zèbres et singes taquins s'approchent parfois très près des véhicules. Une visite au restaurant s'impose également. C'est l'occasion de déguster un burger d'antilope, un émincé de zébu ou un pavé d'élan. Notez cependant que ce n'est pas là que vous ferez des économies!

Marie-Julie Gagnon

3- Son histoire

Impossible de visiter le Sénégal sans passer par l'île de Gorée, accessible en une trentaine de minutes en bateau depuis Dakar. C'est sur cette île paisible qu'ont transité 20 millions d'esclaves destinés aux Amériques en près de 400 ans.

Construite en 1776 par les Hollandais, la Maison des esclaves permet de mieux comprendre la traite négrière. Comme plusieurs autres demeures similaires, le site était le dernier lieu de passage des esclaves au pays. Les visiteurs peuvent pénétrer dans les pièces exiguës où s'entassaient des hommes, des femmes et même des enfants séparés de leurs parents. On découvre que les négriers et leur famille habitaient à l'étage au-dessus. Comment continuer à vivre normalement en entendant les plaintes constantes de gens qui souffrent?... Une visite nécessaire dont on ne sort pas tout à fait indemne.

Marie-Julie Gagnon
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Les premières maisons d'esclaves ont été érigées en 1536 par les Portugais, premiers Européens à se rendre sur l'île en 1444. Gorée est inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1978.

4- Ses hébergements hors du commun

Si, à Dakar, le coût des hôtels s'apparente à celui de n'importe quelle grande ville du monde, on trouve un peu partout au pays des hébergements en tous genres et pour toutes les bourses. Nous avons particulièrement craqué pour trois lieux du Sine Saloum : La Source aux lamantins, à Djilor Djidiack, qui mise sur l'écotourisme et propose une expérience axée sur la culture, la gastronomie et le bien-être, le Bonobo Lodge, seul hébergement de la petite île de Kathior, où l'on trouve une bibliothèque en plein air et où le chant des oiseaux au petit matin vaut toutes les symphonies du monde, et le Gîte de Mbellane, à l'entrée du parc national du Delta du Saloum, qui propose de dormir dans des maisons traditionnelles sur pilotis, loin de tout.

Marie-Julie Gagnon

Autre lieu exceptionnel à Toubab Dialaw, à environ 45 minutes de Dakar : l'espace Sobo Badè, où la musique, la danse et la création sont omniprésents. L'architecture unique des bâtiments en fait un lieu particulièrement inspirant.

À noter qu'il est possible d'effectuer des réservations pour tous ces hébergements, sauf le Bonobo Lodge, par l'entremise de la plateforme VAOLO, mise en place par Village Monde, au Québec.

5- Ses parcs fabuleux

Le Sénégal compte de merveilleux parcs nationaux et réserves naturelles, dont le Parc national du Delta du Saloum, facilement accessible depuis la capitale. Plusieurs excursions sont proposées dans la région et il est simple d'effectuer des réservations une fois sur place, dans les gîtes ou les hôtels, autant du côté de Toubacouta que de Somone ou même du Bonobo Lodge, sur l'île de Kathior, à une quinzaine de minutes de pirogue de Missirah.

Marie-Julie Gagnon

Naviguer à travers la mangrove en empruntant les bolongs, ces bras de mer qui composent les «routes» qu'empruntent les pirogues à marée haute, permet d'observer les oiseaux marins qui attirent autant les ornithologues accomplis que les néophytes. À marée basse, on aperçoit les huîtres accrochées aux racines des palétuviers... Pas étonnant que ces délices se retrouvent au menu de plusieurs restaurants de la région!

6- La richesse culturelle

Entre les traditions millénaires et les influences coloniales, le Sénégal est un terreau fertile à la création. Les rythmes des djembés et les notes de la cora, instrument à cordes, côtoient les rappeurs aux influences résolument occidentales.

Il faut absolument aller voir un combat de lutte trationnelle sérères, où les rituels s'avèrent aussi captivants que les chorégraphies effectuées par les athlètes. Pour avoir un aperçu de l'univers des guérisseurs, le Centre Malango, à Fatick, est tout indiqué.

L'héritage de Leopold Sedar Senghor, poète et premier président du Sénégal, en 1960, est toujours présent. Le voyageur curieux peut suivre les traces du premier écrivain africain à avoir été nommé à l'Académie française de son village natal, Djilor Djidiack, à celui où il a passé son enfance, Joal, jusqu'à sa maison de retraite, à Dakar, qu'on visite en compagnie de son ancien garde du corps.

7- Ses plages

Si, comme dans plusieurs coins du monde, on découvre parfois des débris de plastique apportés par la mer, il est encore possible de trouver de véritables coins de paradis le long de la côte sénégalaise. Très prisée des touristes européens depuis l'époque coloniale, la Petite Côte est sans doute l'un des coins les plus populaires.

Pour éviter les foules, optez pour Mbodiène, où l'on peut louer une chambre à partir de 34 $CDN avec petit déjeuner à l'auberge Plein soleil. Il vous suffira de quelques pas pour rejoindre la lagune, où vous apercevrez sans doute des pêcheurs. Selon le moment de l'année, la plage pourrait être recouverte d'algues par endroits, mais il suffit de marcher quelques mètres plus loin pour trouver des secteurs plus invitants.

Marie-Julie Gagnon

8- Ses marchés colorés

Il faut absolument s'arrêter dans au moins un marché pendant un séjour au pays de la Teranga, histoire d'avoir un aperçu de ce qui compose les plats des Sénégalais, mais aussi pour avoir accès à un condensé de la vie locale. Vous y croiserez des mamans portant leur bébé sur le dos et des vendeurs de tout acabit.

Marie-Julie Gagnon

À Dakar, le marché Kermel, constitue une bonne initiation. On le surnomme d'ailleurs le «marché toubab», soit le marché «Blanc», puisqu'il est fréquenté par les Occidentaux depuis son inauguration en 1860. Si le marché Sandaga étourdit par l'offre infinie de stands d'artisanat et autres boutiques, le marché Tilène s'avère sans doute le plus intéressant parce qu'on y croise les Dakarois en train de faire leurs emplettes pour leurs repas du jour.

9- Son lac Rose

Disons-le d'emblée : le lac Retba, plus connu sous le nom de lac Rose, à une quarantaine de km de Dakar, n'est pas toujours... rose. Les conditions doivent être favorables pour que sa couleur soit visible.

Plus gros site d'extraction de sel de l'Afrique de l'Ouest, ce lac long de 4 km et large de 800 m contient plus de sel que la mer Morte et est exploité depuis les années 1970. Sa couleur est due aux cyanobactéries de ses eaux. «Ces micro-organismes prennent une teinte rosée sous l'effet combiné du vent et des rayons du soleil», résume Jeune Afrique.

S'il est impressionnant de voir les travailleurs à l'œuvre, sachez que certains vendeurs de souvenirs peuvent s'avérer particulièrement persévérants dans ce populaire site touristique.

10- Son monument controversé

Fait de bronze et de cuivre, le monument de la Renaissance africaine mesure 52 mètres, soit une fois et demie la Statue de la Liberté. Il représente un homme au torse nu tenant un enfant dans un bras et guidant une femme de l'autre.

Marie-Julie Gagnon

Inauguré en 2010, année du 50e anniversaire de l'indépendance du pays, il se dresse sur l'une des deux collines de Dakar – les Mamelles – et a fait scandale pour plusieurs raisons : son coût, près de 30 millions de dollars alors que 47% des Sénégalais vivent sous le seuil de pauvreté selon la Banque mondiale, sa fabrication par un studio nord-coréen, le même qui crée toutes les statues de propagande du meilleur ennemi de Trump, le fait que le président Abdoulaye Wade, qui en est le concepteur, revendiquait 35 % des revenus attendus du monument... Sans oublier la pose de l'homme dominant et de la femme derrière, scène qui a fait bondir les féministes.

On peut cependant difficilement passer à côté quand on traverse Dakar!

Merci à Air France, grâce à qui ce reportage a été possible, ainsi qu'à Royal Malango Tour et Village Monde. Notre reporter était l'invitée de certains hébergements mentionnés dans cet article.

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