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05/02/2018 08:04 EST

Scrutin local en Guinée: résultats attendus vendredi (Commission électorale)

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) en Guinée, Amadou Salif Kébé, a promis lundi une publication d'ici la fin de la semaine des résultats du scrutin local de dimanche, dans une déclaration à l'AFP.

"Je demande aux uns et aux autres de se calmer, qu'ils n'aient pas peur des résultats", a affirmé M. Kébé, après que des responsables de l'opposition comme du pouvoir ont évoqué des fraudes lors de ces premières élections locales depuis la fin des régimes autoritaires qui ont dirigé la Guinée pendant plus de 50 ans.

"Il n'y a pas d'élection sans contestations, il n'y a pas d'élection sans faute, mais nous avons travaillé des mois et des mois pour que ces cas de fautes ou d'erreurs soient minimisés", a-t-il assuré.

Une fois les bulletins comptabilisés par les commissions administratives de centralisation des votes (CACV), lundi soir ou mardi, puis passés les délais de recours, la Céni espère proclamer les résultats "au plus tard vendredi", a-t-il indiqué.

Des responsables de l'opposition ont dénoncé des irrégularités et des problème d'organisation, notamment en matière de délivrance des cartes électorales et de procurations. Selon eux, certains chefs de quartier ont profité de la baisse d'affluence en fin de journée pour distribuer à des partisans du pouvoir les dizaines de procurations qu'ils détenaient.

Le président de la Céni n'était pas en mesure de confirmer un taux inhabituellement élevé de vote par procuration, mais a reconnu que la loi pouvait favoriser ce phénomène, en permettant "à plusieurs autorités de délivrer les procurations".

"Nous sommes en train de compiler les votes, nous saurons s'il y a eu profusion de votes par procuration, nous nous plaignons du taux de participation qui nous semble être un peu faible", a dit M. Kébé, sans fournir de chiffres.

Les dernières élections locales remontent à 2005.

Les mandats des exécutifs municipaux étant arrivés à échéance, ils ont été remplacés par le président Alpha Condé, élu en décembre 2010. Depuis, le gouvernement invoquait des questions financières pour justifier le report de ce scrutin, l'opposition l'accusant de vouloir ainsi concentrer tous les pouvoirs.

A la suite d'un accord entre le pouvoir et l'opposition et de l'élection présidentielle de 2015, ces exécutifs ont été renouvelés, au prorata des voix obtenues par chaque parti aux derniers scrutins nationaux.

Les précédents scrutins en Guinée, les présidentielles de 2010 et 2015, et les législatives de 2013, ont été émaillés de violences et d'accusations de fraude.

bm/sst/thm