NOUVELLES
05/02/2018 16:26 EST | Actualisé 05/02/2018 16:26 EST

Charles Hamelin misera sur son expérience aux Jeux de Pyeongchang

Il lui a fallu se renouveler pour demeurer au sommet de son sport

USA Today Sports / Reuters

33 ans et à ses quatrièmes Jeux olympiques, Charles Hamelin reconnaît que l'expérience a contribué à forger l'athlète qu'il est devenu. N'empêche qu'il lui a fallu se renouveler pour demeurer au sommet de son sport. Car le niveau du patinage de vitesse courte piste sur la scène internationale n'a cessé de s'améliorer ces dernières années.

"Le sport a beaucoup évolué depuis mes débuts et, à chaque année, il s'améliore de plus en plus, précise le triple médaillé d'or olympique. Au fil des dernières années, il m'a fallu trouver de nouvelles façons d'aborder mes adversaires.

"Je les analyse et je regarde plus de courses qu'auparavant, de façon à connaître les points forts et les points faibles de mes rivaux. Cela me permet d'anticiper ce qu'ils vont faire sur la patinoire et ça facilite ma tâche en course."

Cette approche lui permet ainsi de se concentrer davantage sur lui plutôt que sur ses adversaires.

Avec l'expérience, celui qu'on surnomme la "locomotive de Sainte-Julie" estime qu'il est également mieux à même de composer avec la réussite et l'échec, selon les circonstances.

"Plus tu as de l'expérience dans un sport, plus c'est facile d'apprendre de tes erreurs ou de bien réagir dans la victoire. Tu sais comment tempérer ta colère ou ta joie. Tu sauves un peu d'énergie émotionnellement."

Souvenirs de Sotchi

Quand il est question d'expérience olympique, Hamelin est passé par toute la gamme des émotions. Aux Jeux de Turin en 2006, il a contribué à la médaille d'argent du relais canadien dans son rôle de recrue.

Quatre ans plus tard à Vancouver, il a vécu des sensations fortes avec la conquête de la médaille d'or du 500 mètres, immortalisée quelques instants plus tard quand il a échangé un baiser avec sa compagne Marianne St-Gelais sur le bord de la patinoire. Le tout a été couronné par le triomphe spectaculaire du relais canadien.

Sotchi en 2014, Hamelin avait de grandes ambitions. Il visait un podium à ses trois distances individuelles. Après un début prometteur avec une médaille d'or au 1500 mètres, ses jeux ont tourné au cauchemar avec des chutes en quarts de finale du 1000 mètres et en qualifications du 500 mètres. Pire, le relais canadien n'est pas parvenu à franchir le cap des demi-finales à la suite d'une autre chute, celle de son frère François.

Avec le recul, Charles Hamelin préfère s'attarder à l'élément positif de ses troisièmes Jeux olympiques.

"Le souvenir que je garde de Sotchi est super positif. J'ai gagné le 1500 mètres. C'était un objectif que je m'étais fixé avec mon entraîneur. Je voulais démontrer que le Canada n'était pas qu'un pays de 500 mètres.

"Cette année-là, nous avons été capables de le gagner aux Olympiques et aux championnats du monde. Cela vaut beaucoup à mes yeux. Depuis, plusieurs patineurs canadiens ont réalisé de bonnes performances sur cette distance."

Un vol du rêve olympique

Le vaste scandale du dopage russe qui a ponctué les Jeux de Sotchi et les disqualifications qui ont suivi, dont celles de médaillés olympiques, ne laissent pas Hamelin indifférent. Il estime que les athlètes qui se voient octroyer leur médaille des années après leur performance se font voler leur rêve par des tricheurs.

"C'est tellement triste. On enlève la chance à un athlète de vivre son moment, de monter sur le podium olympique. C'est un moment tellement intense, ça te propulse encore plus loin comme athlète.

"L'obtention d'une médaille peut t'inciter à continuer un autre cycle de quatre ans pour retourner aux Olympiques. Dans le cas contraire, si tu termines 4e ou 5e, tu vas peut-être prendre ta retraite. Mais la décision aurait pu être tout autre si l'athlète avait gagné une médaille. Je trouve ça vraiment plate."

Mais peu importe ce qu'il adviendra pour lui à Pyeongchang, la décision de Hamelin est déjà prise pour la suite des choses.

"Ce sont mes 4es jeux. Un mois et demi après les jeux, j'aurai 34 ans. J'ai fait pas mal le tour en courte piste, au niveau des médailles et des titres. C'est le temps de laisser la place aux jeunes, de montrer ce que le Canada est encore capable de faire."

Et quand il parle de la relève, Hamelin ne peut s'empêcher de faire allusion à Samuel Girard, âgé de 21 ans.

"Il me fait vraiment penser à moi plus jeune. Il a la même façon de penser, de voir la compétition. Ses forces et ses faiblesses, ce sont un peu les mêmes que moi à son âge. Il est vraiment sur la bonne voie. Je pense qu'il va devenir le leader incontesté de l'équipe canadienne pour plusieurs années.

"S'il est animé de la même passion que j'ai pour le sport, il n'y a rien qui l'empêche d'en faire quatre jeux lui aussi."

Galerie photoL'uniforme des athlètes canadiens pour les Jeux d'hiver 2018 Voyez les images

CHARLES HAMELIN EN BREF

ge: 33 ans _ 14 avril 1984

Discipline: patinage de vitesse, courte piste.

Ville natale: Lévis

Réalisations: A remporté trois médailles d'or et une d'argent aux Jeux olympiques. Une cinquième médaille olympique lui permettrait d'égaler le record canadien pour un homme à des jeux d'hiver, rejoignant François-Louis Tremblay et Marc Gagnon. Champion du monde du 1500m en 2014 et du 1000m en 2016.

Les athlètes qui l'inspirent: Le sprinter Usain Bolt; le joueur de tennis Roger Federer.

Autres intérêts : Dans ses temps libres, il aime jouer aux jeux vidéo et aller au cinéma.

De tout et de rien: Son père, Yves, occupe le poste de directeur de l'anneau olympique de Calgary après avoir été directeur du programme de courte piste pendant plusieurs années. Sa mère, Manon Goulet, est la cousine de l'ancien joueur des Nordiques de Québec, Michel Goulet.