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04/02/2018 06:18 EST | Actualisé 04/02/2018 15:03 EST

Une imposante manifestation à Athènes contre l'utilisation du nom «Macédoine»

ATHÈNES, Grèce — Plus de 100 000 manifestants d'un peu partout en Grèce ont convergé, dimanche, vers la place centrale d'Athènes pour protester contre un compromis potentiel de la Grèce concernant le nom d'un pays voisin de l'ex-Yougoslavie, la Macédoine.

Des centaines d'autocars ont amené des manifestants dans la capitale, tandis que d'autres arrivaient par des traversiers. La circulation routière a été perturbée un peu partout au centre-ville et trois stations de métro ont été fermées.

Scandant «Ne touchez pas à la Macédoine!» et «La Macédoine revient à la Grèce!», des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis sur la place Syntagma, face au parlement, plusieurs agitant des drapeaux montrant le soleil de Vergina, l'emblème de l'ancien royaume grec de Macédoine.

Manos Georgiou, un manifestant âgé de 55 ans, a affirmé que les gens présents tentaient de montrer aux politiciens qu'ils ne devaient pas concéder le nom «Macédoine».

Le différend est né après l'obtention de l'indépendance de la Macédoine de la Yougoslavie en 1991. Le pays est reconnu par des institutions internationales comme l'«Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM)», bien qu'environ 130 pays y font référence simplement comme la Macédoine. Plusieurs Grecs y font référence par sa capitale, Skopje.

La Grèce soutient que l'usage du nom implique des revendications territoriales sur sa propre province de Macédoine, où a régné Alexandre le Grand.

Le compositeur et ancien ministre Mikis Theodorakis, âgé de 92 ans, principal orateur lors du rassemblement, a appelé à un référendum sur la question.

«En utilisant le nom Macédoine comme véhicule et en tordant jusqu'au ridicule des événements historiques, ils cherchent en fait à élargir leurs frontières en empiétant sur les nôtres», a-t-il déclaré.

Les gouvernements dirigés par la gauche dans les deux pays ont promis de tenter de trouver une solution cette année, et ont tenu des discussions avec le négociateur des Nations unies, Matthew Nimetz.

La solution la plus probable serait d'ajouter un mot comme «nouveau» ou «nord» au nom du pays. Mais les propositions pour l'instant ont entraîné des manifestations d'opposition dans les deux pays.