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04/02/2018 04:23 EST

Maldives: le gouvernement met en garde la Cour suprême

Le gouvernement des Maldives a prévenu dimanche qu'il ordonnerait aux forces de sécurité d'entraver toute tentative de la Cour suprême ou de l'opposition pour arrêter ou destituer le président Abdulla Yameen, qui refuse de libérer les prisonniers politiques.

Dans la foulée, deux députés ont été arrêtés et des policiers en armes ont empêché la tenue d'une réunion au Parlement, a dénoncé le Parti démocratique des Maldives (MDP) la principale force d'opposition.

La Cour suprême des Maldives avait créé la surprise jeudi en cassant les condamnations de plusieurs prisonniers politiques de haut rang, un revers majeur pour le régime.

La Cour a également ordonné la réintégration de douze députés démis de leurs mandats pour avoir fait défection du parti de M. Yameen.

Le gouvernement des Maldives a pour l'instant refusé d'obtempérer aux injonctions de la Cour suprême malgré les appels de l'ONU, des Etats-Unis, de la France ou encore du Royaume-Uni, et a suspendu les travaux du Parlement. La police a également arrêté dimanche deux députés de l'opposition qui avaient entrepris de rentrer aux Maldives.

Dans une allocution télévisée, le ministre de la Justice de l'archipel Mohamed Anil a fait savoir dimanche que le gouvernement campait sur ses positions.

"Tout mandat d'arrêt de la Cour suprême contre le président serait anticonstitutionnel et illégal. Alors j'ai demandé à la police et à l'armée de ne pas mettre en oeuvre les ordres anticonstitutionnels".

La décision de la Cour suprême redonne potentiellement à l'opposition la majorité absolue au Parlement, qui compte 85 sièges, et donc le pouvoir de renverser le président et le gouvernement.

Pour prévenir une telle issue, les autorités ont contraint samedi le Parlement à fermer tandis que deux dirigeants de la police ont été limogés.

Le Parti démocratique des Maldives, premier parti d'opposition mené par l'ancien président Mohamed Nasheed, a déclaré que ses députés avaient essayé d'organiser une réunion, en dépit de l'ordre de suspension du Parlement, mais qu'ils ont été repoussés par la police.

Des forces de sécurité sont déployés dans le Parlement depuis le mois de mars 2017, lorsque le président Yameen a ordonné l'expulsion des députés dissidents.

Le MDP a appelé le gouvernement à respecter les arrêts de la Cour suprême et mis en garde contre de possibles violences dans l'archipel où vivent 340.000 musulmans sunnites.

"Les forces de sécurité doivent défendre la Constitution et servir le peuple des Maldives", a tweeté Mohamed Nasheed dimanche. Il a par ailleurs déclaré que le refus du gouvernement d'obéir à la Cour suprême était comparable à un "coup d'Etat".

Vendredi, M. Nasheed, réfugié au Royaume-Uni après une condamnation controversée pour "terrorisme" en 2015, avait annoncé qu'il se présenterait à la prochaine présidentielle.

Le gouvernement des Maldives a déclaré de son côté qu'il ne voulait pas libérer les personnes condamnées pour "terrorisme, corruption, détournement de fonds et trahison".

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