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03/02/2018 22:07 EST

Maldives: le gouvernement met en garde la Cour suprême

Le gouvernement des Maldives a prévenu dimanche qu'il ordonnerait aux forces de sécurité d'entraver toute tentative par la Cour suprême ou de l'opposition pour destituer le président Abdulla Yameen qui refuse de libérer les prisonniers politiques.

La Cour suprême du pays avait créé la surprise jeudi en cassant les condamnations de neuf prisonniers politiques de haut rang, un revers majeur pour le régime.

La Cour a également ordonné la réintégration de douze députés démis de leurs mandats pour avoir fait défection du parti de M. Yameen.

Dans la foulée, l'ex-président des Maldives Mohamed Nasheed, réfugié au Royaume-Uni après une condamnation controversée pour "terrorisme" en 2015, a annoncé qu'il se présenterait à la prochaine présidentielle.

Le gouvernement des Maldives a pour l'instant refusé d'obtempérer aux injonctions de la Cour suprême malgré les appels de l'ONU, des Etats-Unis, de la France ou encore du Royaume-Uni, et a suspendu les travaux du Parlement.

La politique de répression menée par le pouvoir contre les dissidents ternit l'image de paradis pour touristes fortunés du minuscule archipel.

Dans une allocution télévisée, le ministre de la Justice de l'archipel Mohamed Anil a fait savoir dimanche que le gouvernement campait sur ses positions.

"Tout mandat d'arrêt de la Cour suprême contre le président serait anticonstitutionnel et illégal. Alors j'ai demandé à la police et à l'armée de ne pas mettre en oeuvre les ordres anticonstitutionnels".

La décision de la Cour suprême redonne potentiellement à l'opposition la majorité absolue des 85 sièges du Parlement, qui pourrait en théorie destituer le président.

Pour prévenir une telle issue, les autorités ont contraint samedi le Parlement à fermer tandis que deux dirigeants de la police ont été limogés.

Le Parti démocratique des Maldives de Mohamed Nasheed a appelé le gouvernement à respecter les arrêts de la Cour suprême et mis en garde contre de possibles violences dans l'archipel où vivent 340.000 musulmans sunnites.

Le gouvernement des Maldives a déclaré qu'il ne voulait pas libérer les personnes condamnées pour "terrorisme, corruption, détournement de fonds et trahison".

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