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04/02/2018 02:51 EST

JO-2020: la boxe menacée d'être retirée des JO de Tokyo (CIO)

Le CIO, qui s'est dit dimanche "extrêmement inquiet" des problèmes de gouvernance à la Fédération internationale amateurs (AIBA) a menacé de retirer la boxe du programme des jeux Olympiques de Tokyo-2020.

En début de semaine, le CIO s'était déjà dit "extrêmement préoccupé" par la nomination du sulfureux Gafur Rakhimov, homme d'affaires ouzbek, à la présidence de l'AIBA, en proie à une crise de gouvernance depuis des mois.

"Nous sommes extrêmement inquiets à propos de la gouvernance de l'AIBA", a déclaré dimanche le président du Comité international olympique, Thomas Bach.

Le CIO "se réserve le droit de réexaminer la présence de la boxe aux jeux Olympiques de la Jeunesse à Buenos Aires (en octobre 2018, ndlr) et aux jeux Olympiques de Tokyo-2020", a ajouté M. Bach.

L'instance olympique a confirmé dimanche qu'il suspendait toutes ses aides financières à la Fédération, qui gère l'un des sports les plus anciens du programme olympique, présent depuis les JO de Saint-Louis en 1904.

Gafur Rakhimov, un homme d'affaires ouzbek de 66 ans, a été nommé fin janvier président par intérim de l'AIBA jusqu'aux prochaines élections de novembre.

Selon l'administration américaine qui a gelé ses biens, Rakhimov - le plus ancien vice-président de l'AIBA - est lié au milieu du crime organisé aux Etats-Unis. Le mois dernier, le Département du Trésor américain avait assuré que l'Ouzbek faisait partie des "criminels majeurs" de son pays en raison de son implication dans le "trafic d'héroïne".

"Notre message au CIO et au monde de la boxe est que l'AIBA tourne une nouvelle page", a déclaré M. Rakhimov le 27 janvier lors d'un congrès extraordinaire tenu à Dubaï et qui l'a porté à la présidence par intérim.

"Nous entendons démontrons notre responsabilité envers toutes les fédérations nationales et notre engagement pour le sport que nous aimons tous", ajoutait M. Rakhimov dans un communiqué

- accusations contre Rakhimov -

Ce n'est pas la première fois que M. Rakhimov, vice-président de l'AIBA depuis 1998, fait face à de telles accusations.

En 2002, il a remporté un procès en diffamation intenté en Australie contre l'auteur britannique Andrew Jennings. Dans "The Great Olympic Swindle" (Le Grand mensonge olympique), Jennings qui a également contribué à révéler des scandales de corruption à la Fifa, assurait que Rakhimov menait des activités criminelles liées à des trafics de plutonium ou de drogue notamment.

En 2000, à la sortie du livre, l'homme d'affaires avait "catégoriquement" rejeté "toute implication dans le trafic de drogue" ou son appartenance "au crime organisé".

Mais la même année, les autorités australiennes lui avaient refusé son entrée dans le pays avant les jeux Olympiques afin de "protéger la sécurité des Australiens", avait alors expliqué le ministre de l'Immigration.

En 1997, des chercheurs de l'Observatoire géopolitique des drogues, basé à Paris, avaient cité Rakhimov comme l'un des trois principaux parrains de la drogue en Ouzbékistan.

Selon des sources concordantes interrogées par l'AFP, pour faciliter les déplacements de certains de ses responsables, l'AIBA a envisagé de transférer son siège de Lausanne à Dubaï où se sont tenues récemment plusieurs réunions de sa commission exécutive ainsi qu'un congrès extraordinaire.

M. Bach a ajouté dimanche que la commission exécutive du CIO n'était "pas satisfaite du rapport préparé par l'AIBA sur les questions de gouvernance, finances, arbitrage et lutte antidopage".

Le 6 décembre, le CIO avait décidé d'enquêter au sein de l'AIBA pour faire la lumière sur la crise de gouvernance en son sein.

Le 20 novembre, le président taïwanais de l'AIBA, Ching-Kuo Wu, également membre du CIO et qui avait été suspendu par sa propre fédération, avait démissionné après 11 ans de mandat.

ebe/jcp