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04/02/2018 01:42 EST

Huit Bahreinis déchus de leur nationalité expulsés vers l'Irak (HRW)

Bahreïn a expulsé vers l'Irak huit de ses ressortissants après les avoir déchus de leur nationalité, a rapporté dimanche Human Rights Watch (HRW), accusant les autorités de ce royaume du Golfe d'exiler des dissidents.

Les huit personnes ont été expulsées les 30 janvier et 1er février vers la ville chiite de Najaf, au sud de Bagdad, selon cette ONG.

Elles font partie d'un groupe de 31 militants et défenseurs des droits de l'Homme dont la nationalité a été retirée en novembre 2012 sous l'accusation d'avoir "nui à la sécurité nationale", selon HRW. Parmi eux, seuls cinq ont la double nationalité, a précisé HRW, les autres seront des apatrides.

"Les Bahreïnis qui osent parler de réformes risquent à présent non seulement une détention arbitraire et la torture, mais (aussi) la déchéance de leur nationalité et la déportation", déplore Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HRW.

Selon elle, les autorités bahreïnies "ont laissé tomber toute prétention de pluralisme et de tolérance en s'attaquant clairement à la citoyenneté de personnes qu'elles jugent indésirables".

"Bahreïn doit immédiatement mettre fin à ces déportations arbitraires et rétablir la nationalité de ceux qui en ont été déchus", écrit encore HRW.

Des centaines de chiites ont été condamnés ces dernières années à de lourdes peines de prison, assorties parfois de déchéances de nationalité, pour des violences ayant émaillé la contestation.

Bahreïn avait justifié sa décision en affirmant que les personnes visées avaient "nui aux intérêts du royaume".

Plusieurs ONG des droits de l'Homme, dont Amnesty International, ont à plusieurs reprises critiqué le recours croissant au retrait de la nationalité par Bahreïn, une pratique qui permet au pouvoir de faire taire les voix critiques, selon elles.

Elles ont appelé Manama à annuler cette décision, qui rend ces personnes "apatrides", et "d'arrêter de cibler des dissidents".

Depuis un soulèvement en 2011 de la majorité chiite qui a demandé des réformes à la dynastie sunnite, les autorités de Bahreïn ont intensifié la répression contre tous les groupes d'opposition.

Bahreïn, un petit royaume du Golfe, allié des Etats-Unis et abritant la Ve flotte américaine, dénonce régulièrement des "actions de déstabilisation" de l'Iran et nie toute discrimination envers les chiites majoritaires dans l'archipel.

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