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01/02/2018 11:47 EST

Vives réactions en Israël après le vote d'une loi sur la Shoah en Pologne

Le gouvernement israélien et des responsables politiques, toutes tendances confondues, ont dénoncé jeudi en termes vifs le vote par le Sénat polonais d'une loi controversée sur la Shoah, plusieurs ministres réclamant une réponse gouvernementale.

"Israël s'oppose de façon catégorique à la décision du Sénat polonais", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon.

"Israël considère avec la plus grande gravité toute tentative de contester la vérité historique. Aucune loi ne changera les faits", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Dans la soirée, le ministère a annoncé le report d'une visite prévue en Israël la semaine prochaine de Pawel Soloch, chef du Bureau de la sécurité nationale auprès du président polonais Andrzej Duda, "suite au vote de la loi par le Sénat polonais".

Le Bureau de la sécurité nationale polonais a confirmé sur Twitter le report de la visite affirmant espérer "que le dialogue sur les questions de sécurité, qui a une importance stratégique pour les deux pays, se poursuivra dans un avenir proche".

Le ministre des Transports, Israel Katz, membre du Likoud, le parti de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a réclamé que ce dernier rappelle l'ambassadeur israélien en Pologne pour consultations.

Le Sénat polonais a approuvé dans la nuit un texte qui punit par des amendes ou jusqu'à trois ans d'emprisonnement ceux qui attribuent "à la nation ou à l'Etat polonais" des crimes commis par les nazis allemands en Pologne occupée.

La loi doit encore être signée par le président polonais pour entrer en vigueur.

Aux yeux des conservateurs au pouvoir en Pologne, il s'agit en priorité d'empêcher qu'on utilise l'expression "camps de la mort polonais" à propos de ceux installés par les nazis allemands en Pologne occupée.

Mais les responsables israéliens s'émeuvent surtout d'un passage où ils voient une tentative de nier la participation de certains Polonais à l'extermination des juifs.

"L'adoption de cette loi est grave et constitue une renonciation (de la part du gouvernement polonais) à ses responsabilités et une négation du rôle de la Pologne dans l'Holocauste", a déclaré Israel Katz dans un communiqué.

Le ministre du Logement Yoav Galant, du parti de centre-droit Koulanou, a estimé sur Twitter que la loi constituait une "négation de l'Holocauste".

- 'L'Histoire jugera' -

Une proposition de loi a été présentée mercredi à la Knesset (Parlement israélien) et a obtenu l'appui de principe de 61 députés israéliens sur 120.

Ce texte, présenté par un de ses promoteurs, le député Itzik Shmuli de l'opposition de gauche, comme une réaction à la loi polonaise, introduit une peine de cinq ans de prison pour ceux qui "réduisent ou nient le rôle de ceux qui ont aidé les nazis dans les crimes commis contre les Juifs".

"L'Histoire jugera la Pologne deux fois: pour sa part dans le crime, et pour sa tentative de nier ce rôle", a écrit sur Twitter Itzik Shmuli.

De son côté, le mémorial Yad Vashem à Jérusalem, dédié à la mémoire de la Shoah, a réitéré ses inquiétudes après l'adoption de la loi, assurant qu'il "continuera à soutenir les recherches visant à dévoiler la réalité complexe des relations entre Polonais et Juifs pendant l'Holocauste", selon un communiqué.

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