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01/02/2018 04:21 EST

Tadjikistan: le barrage "le plus haut du monde" lancé en novembre (médias)

Le Tadjikistan compte mettre en service en novembre un gigantesque barrage hydroélectrique, censé devenir "le plus haut du monde" et mettre fin aux coupures de courant fréquentes en hiver dans ce pays pauvre d'Asie centrale, a affirmé jeudi la télévision publique.

Le barrage de Rogoun devrait fonctionner une fois sa première turbine mise en route le 16 novembre, a indiqué la télévision, citant Pietro Salini, à la tête du groupe italien Salini Impregilo chargé du projet.

La construction de ce barrage a fait l'objet de discussions mercredi entre M. Salini et le président tadjik Emomali Rakhmon, selon la même source.

Lancée en octobre 2016, la construction de ce barrage, situé à 100 km à l'est de Douchanbé, a été confié à Salini Impregilo pour 3,9 milliards de dollars (3,1 milliards d'euros). Avec ses 335 mètres de hauteur, le barrage de Rogoun doit devenir le plus haut barrage au monde.

Mais il faudra attendre une dizaine d'années avant que le barrage n'atteigne sa capacité totale de 3.600 megawatts, selon le groupe italien.

A titre de comparaison, cela représente trois réacteurs nucléaire de nouvelle génération du géant russe Rosatom.

Ex-république soviétique très pauvre d'Asie centrale, le Tadjikistan souffre souvent des coupures de courant en hiver.

Dans ce contexte, le président Rakhmon a estimé que la construction du barrage de Rogoun était "vitale" pour le pays.

L'Ouzbékistan voisin, plus peuplé et puissant militairement que le Tadjikistan, s'est longtemps opposé avec fermeté à ce projet imaginé dès les années 1970 par l'Union soviétique: le secteur agricole ouzbek, notamment la culture du coton, dépend de l'eau venant du Tadjikistan.

Depuis l'élection à la tête de l'Ouzbékistan de Chavkat Mirzioïev, qui a succédé à Islam Karimov décédé en septembre 2016, les autorités ouzbèkes n'ont cependant pas critiqué publiquement la construction du barrage Rogoun. M. Mirzioïev est également attendu en visite au Tadjikistan en mars pour des pourparlers avec Emomali Rakhmon.

A l'époque soviétique, le partage des eaux en Asie centrale était décidé à Moscou mais le système a éclaté avec l'indépendance des cinq pays de la région en 1991, faisant craindre que la rivalité pour cette ressource ne dégénère en conflits.

ab-cr/mp/all/gmo/lch

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