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01/02/2018 05:39 EST

Sophie Toscan du Plantier: renvoi aux assises du Britannique Ian Bailey

La justice française a confirmé jeudi le renvoi aux assises du Britannique Ian Bailey, soupçonné du meurtre de Sophie Toscan du Plantier, épouse du producteur de cinéma français, en Irlande en 1996, a appris l'AFP auprès des avocats.

La cour d'appel de Paris a estimé qu'il y avait "suffisamment d'éléments à charge" pour le juger, ont indiqué les avocats, en précisant ne pas encore avoir pu prendre connaissance de l'arrêt.

Ian Bailey, que l'Irlande a toujours refusé d'extrader, "étudie la possibilité" de se pourvoir en cassation, a déclaré son avocat, Dominique Tricaud, ce qui retarderait la tenue d'un éventuel procès.

Le journaliste de 60 ans avait été renvoyé le 27 juillet 2016 devant la cour d'assises de Paris pour le meurtre de l'épouse du producteur de cinéma et ancien patron de Gaumont, Daniel Toscan du Plantier, décédé en 2003. Ian Bailey, qui a toujours contesté être l'auteur du crime, avait fait appel.

Sophie Toscan du Plantier avait été retrouvée morte au matin du 23 décembre 1996 en contrebas de sa maison isolée de Schull, un village de la côte sud-ouest de l'Irlande où elle était venue passer quelques jours avant Noël. Alors âgée de 39 ans, la jeune femme avait été frappée à la tête à coups de parpaing.

Ian Bailey avait rapidement fait figure de suspect: il avait des égratignures au visage et aux avant-bras, avait évoqué dans ses articles des éléments de l'enquête, notamment sur l'arme du crime, censés être connus uniquement du meurtrier et des policiers, et avait assuré ne pas connaître la victime alors que plusieurs éléments ont démontré le contraire.

Plusieurs témoins ont aussi affirmé qu'il leur avait avoué le meurtre sous l'emprise de l'alcool, l'un d'eux évoquant son attirance physique pour la jeune femme.

"C'est un soulagement pour les proches de Sophie Toscan du Plantier, même s'ils savent que le procès n'est pas pour tout de suite et qu'il se fera vraisemblablement en l'absence du suspect", a réagi l'un des avocats de la famille, Laurent Pettiti.

La justice irlandaise a jusqu'à présent refusé la remise de Ian Bailey aux autorités françaises - qui ont délivré deux mandats d'arrêt à son encontre en 2010 et 2016 - invoquant l'absence de réciprocité entre les deux pays en matière d'extradition.

"Le but est qu'une fois qu'il y aura eu procès et condamnation, Paris pousse enfin Dublin à l'extrader", relève M. Pettiti.

"L'Irlande n'est pas une République bananière dont les décisions ne doivent pas être prises en compte", a réagi Dominique Tricaud, soulignant que "les enquêteurs irlandais, qui ont consacré des moyens colossaux à cette affaire, avaient estimé qu'il n'y avait pas assez d'éléments pour le renvoyer devant une juridiction de jugement".

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