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01/02/2018 06:07 EST

Russie: retour à la croissance en 2017, décevant pour le gouvernement

L'économie russe a renoué avec la croissance en 2017 après deux ans de récession, mais la reprise n'a pas été à la hauteur des objectifs du gouvernement, mettant en relief les risques d'essoufflement à moins de deux mois de la présidentielle.

Le Produit intérieur brut a augmenté de 1,5% l'an dernier, après des contractions de 2,8% en 2015 et de 0,2% en 2016, a annoncé jeudi l'agence des statistiques Rosstat.

Le ministre de l'Economie Maxime Orechkine avait à plusieurs reprises dit espérer une croissance de 2%, voire plus au regard des chiffres bien meilleurs que prévu du début d'année.

Mais la fin d'année s'est révélée moins dynamique, avec notamment un rechute de la production industrielle.

Le Fonds monétaire international prévoyait de son côté 1,8%.

Le chiffre de Rosstat révèle "un ralentissement de la croissance à 1% sur un an au quatrième trimestre contre 1,8% au troisième", ont calculé les analystes du cabinet Capital Economics.

"Cependant, nous pensons que la reprise va reprendre cette année", ont-ils ajouté. "Certains facteurs qui ont pesé sur la croissance au second semestre 2017, y compris la baisse de la production de pétrole et la faiblesse de certaines parties du secteur manufacturier, vont s'atténuer cette année, et les autres facteurs vont se renforcer", ont affirmé les analystes.

La Russie a traversé en 2015 et 2016 sa plus longue récession depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine il y a 18 ans. Cette crise, qui a entraîné une lourde chute du pouvoir d'achat des ménages, a été provoquée par l'effondrement des prix du pétrole et les sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne.

Le retour de la croissance constitue un soulagement pour les autorités qui ne cessent de mettre en avant la relative résistance de l'économie aux chocs extérieurs. Mais la reprise reste loin des taux de plus de 7% en moyenne des deux premiers mandats de Vladimir Poutine (2000-2008), dopés par la manne pétrolière, et ne suffit pas à soutenir le pouvoir d'achat qui a subi l'an dernier sa quatrième année de baisse consécutive.

Selon la banque ING, la croissance devrait accélérer autour de 2% en 2018, soutenue notamment par la consommation sous l'effet de hausses des salaires des fonctionnaires attendues, de la progression des crédits sur fond de baisses de taux et d'inflation faible.

Après des années d'hyperinflation, la hausse des prix à la consommation a ralenti à 2,5% l'an dernier, son plus bas niveau depuis la chute de l'URSS.

Érigeant l'objectif d'atteindre des taux de croissance supérieurs à la moyenne mondiale (3,9% en 2018 selon le FMI), le président russe lui-même a mis en garde contre le risque de stagnation faute de réformes.

Il a confié à plusieurs économistes la tâche de proposer des mesures pour dynamiser et diversifier l'économie, en vue de la présidentielle du 18 mars, mais ces appels sont passés au second plan depuis la sortie de récession.

Selon la presse russe, le Kremlin réfléchirait notamment à l'idée de hausses d'impôts pour augmenter les dépenses dans l'éducation, la santé et les infrastructures. Cette hypothèse est notamment défendue par l'ex-ministre des Finances Alexeï Koudrine, respecté des milieux libéraux, à qui Vladimir Poutine a demandé des pistes de réformes pour l'élection.

A l'issue d'une mission en Russie en novembre, le Fonds monétaire international a une nouvelle fois mis en garde les autorités contre les freins structurels qui risquent de peser sur sa croissance économique à moyen terme.

Ils ont cité notamment la situation démographique qui reste difficile.

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