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01/02/2018 06:01 EST

Nobel de la paix: la "Révolte des parapluies" hongkongaise proposée par des élus américains

Des élus américains ont proposé jeudi de nommer les meneurs de la "Révolte des parapluies" et l'ensemble du mouvement qui avait demandé des réformes démocratique à Hong Kong en 2014 comme lauréats du prix Nobel de la paix qui sera décerné en octobre.

Dans une lettre au comité Nobel, les 12 élus républicains et démocrates estiment que Joshua Wong, Nathan Law et Alex Chow, qui avaient émergé de ce mouvement de masse, devraient être honorés "en reconnaissance de leurs efforts pacifiques pour apporter des réformes politiques et l'autodétermination à Hong Kong, et protéger Hong Kong dont l'autonomie et la liberté sont garanties" par l'accord sino-britannique de rétrocession signé en 1997.

Les trois hommes "et l'ensemble de la Révolte des parapluies représentent les aspirations pacifiques du peuple de Hong Kong qui désirent que leur autonomie ainsi que leur mode de vie soient protégés et que leurs aspirations pour la démocratie se réalisent", affirment les parlementaires.

Le territoire avait connu en 2014 sa plus grave crise politique depuis son retour dans le giron de la Chine après 155 ans de présence britannique. Des dizaines de milliers de manifestants avaient paralysé des quartiers entiers de la mégapole pendant plus de deux mois, réclamant un véritable suffrage universel pour l'élection du chef de l'exécutif local qui était alors désigné par un comité acquis à la Chine. Le mouvement avait représenté un défi sans précédent pour Pékin, qui n'avait pas cédé le moindre pouce de terrain.

Les trois militants ont été condamnés en août 2017 à des peines allant de six à huit mois d'incarcération pour leur rôle dans les manifestations. Joshua Wong et Nathan Law ont également fondé le parti Demosisto, qui milite en faveur de l'autodétermination, pour que Hong Kong puisse décider de son propre destin avant 2047.

D'après les termes de l'accord sino-britannique, Hong Kong jouit de libertés inconnues ailleurs en Chine continentale, en théorie jusqu'en 2047. Beaucoup ont cependant le sentiment que ces libertés s'érodent.

Les élus américains soulignent que le comité Nobel a déjà montré "sa volonté de braver le mécontentement et les représailles du Parti communiste et du gouvernement chinois en attribuant le prix au prisonnier politique chinois Liu Xiaobo" en 2010. L'année précédente, il avait été condamné à 11 ans de prison pour "subversion" après avoir prôné des élections libres en Chine. L'intellectuel est décédé en détention en juillet 2017.

cl-cyj/elc