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01/02/2018 09:12 EST

Fatah et Hamas: une décennie de tensions entre rivaux palestiniens

Rappel des relations entre les deux grands mouvements rivaux palestiniens, le Fatah du président de l'Autorité Mahmoud Abbas et le mouvement islamiste Hamas.

- Victoire politique du Hamas -

Le 25 janvier 2006, le Hamas, qui participe pour la première fois aux législatives, remporte ce scrutin, après dix ans d'hégémonie du Fatah, le parti du chef historique Yasser Arafat, décédé un an auparavant.

Le Conseil législatif palestinien (CLP, Parlement) sortant avait été élu en 1996, deux ans après la création de l'Autorité palestinienne.

En mars, le gouvernement d'Ismaïl Haniyeh (Hamas) est investi. Les postes-clés sont confiés à des dirigeants du mouvement.

- Le Hamas contrôle Gaza -

En 2007, des affrontements meurtriers opposent partisans du Fatah et du Hamas.

Le 14 juin, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, limoge le gouvernement Haniyeh, après une semaine de violences meurtrières, et proclame l'état d'urgence à Gaza.

Le lendemain, le Hamas met en déroute les forces fidèles au Fatah dans l'enclave. Mahmoud Abbas dénonce un "coup d'Etat" militaire.

- Trois accords avortés -

En 2011, un accord prévoyant un gouvernement transitoire chargé d'organiser des élections est signé par le Fatah et le Hamas, puis paraphé par l'ensemble des mouvements palestiniens. Mais les échéances sont constamment repoussées.

L'année suivante, les deux mouvements s'entendent pour confier à M. Abbas la direction du gouvernement transitoire, mais cette décision contestée au sein du Hamas reste inappliquée.

En 2014, l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dominée par le Fatah, signe un accord de réconciliation avec le Hamas. Un gouvernement d'union est constitué, composé de technocrates soutenus par les deux partis.

Mais le gouvernement est incapable d'exercer son autorité à Gaza. M. Abbas accuse le Hamas de maintenir un "gouvernement parallèle" dans l'enclave.

Le gouvernement d'union nationale échoue au bout de quelques mois.

- Pragmatisme -

En mai 2017, le Hamas annonce un assouplissement de sa charte fondatrice. Il précise mener un combat "politique" et non "religieux" contre Israël. Il semble accepter au moins provisoirement l'idée d'un futur Etat palestinien limité à la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza.

Ismaïl Haniyeh, tenant d'une ligne pragmatique au sein du Hamas vis-à-vis d'Israël, est élu à la tête du bureau politique du parti.

- Pressions -

En mars 2017, le Hamas crée un "comité administratif", perçu par le Fatah comme un gouvernement parallèle.

En représailles, l'Autorité palestinienne réduit les paiements destinés à la fourniture d'électricité des habitants ainsi qu'aux salaires des fonctionnaires à Gaza.

En septembre, le Hamas annonce la dissolution du comité controversé et appelle le Fatah à engager de nouvelles discussions de réconciliation.

Le gouvernement de l'Autorité palestinienne de Rami Hamdallah se rend début octobre à Gaza, où il tient sa première réunion en trois ans.

- Réconciliation menacée -

Le 12 octobre, le Hamas et le Fatah signent au Caire un nouvel accord de réconciliation aux termes duquel le mouvement islamiste accepte de rétrocéder les pouvoirs dans la bande de Gaza à l'Autorité palestinienne.

Le 1er novembre, le Hamas remet à l'Autorité le contrôle des postes-frontières avec Israël et l'Egypte.

Mais des divergences apparaissent, notamment sur la question du contrôle de la sécurité dans la bande de Gaza et le sort des fonctionnaires de l'enclave. Le 27 novembre, le Hamas réitère son refus de rendre les armes.

Les deux groupes rivaux qui s'étaient fixé le 1er février comme date butoir pour régler la question des fonctionnaires ont échoué à s'accorder.

Le transfert des pouvoirs, prévu pour décembre, n'est toujours pas effectif.

acm-kd/ber/feb