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01/02/2018 07:51 EST

Colombie: l'ex-guérilla Farc annonce l'assassinat de trois de ses membres

L'ex-guérilla Farc a annoncé jeudi l'assassinat de trois de ses anciens combattants dans le sud-ouest de la Colombie et en a attribué la responsabilité à l'ELN, la dernière rébellion du pays.

"Avec une profonde douleur, nous avons reçu hier (mercredi) la confirmation de la disparition, torture et assassinat de nos camarades William Rivera, Jhojan Silva et Luis Cortes Cabezas", a indiqué la Farc dans un communiqué.

L'ex-guérilla marxiste, devenue le parti politique de la Force alternative révolutionnaire commune (Farc), a ajouté qu'au cours de l'attaque, survenue à Santa Cruz, municipalité du département du Nariño, frontalier de l'Equateur, un mineur proche des anciens guérilleros avait également été tué.

"Tout indiquerait que les responsables de ce crime sont des membres actifs de l'Armée de libération nationale (ELN) qui opère dans cette région du pays", a ajouté la Farc.

L'ancienne rébellion --qui a signé en novembre 2016 un accord de paix historique avec le gouvernement colombien et qui a depuis déposé les armes à l'issue de plus d'un demi-siècle de confrontation armée-- a exigé que l'ELN s'explique "de manière urgente" sur sa responsabilité présumée dans ces assassinats.

Le secrétaire du gouvernement du Nariño, Edgar Insandara, a déclaré à l'AFP qu'il n'y avait pas de confirmation officielle des homicides, mais qu'il s'agissait d'un cas de "disparition forcée".

Il a ajouté qu'il n'y avait pas non plus de certitude quant au jour de la disparition, ni de ses motifs, et que le Parquet se rendrait sur place jeudi pour enquêter.

Des dissidents des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie, nom de l'ex-guérilla) et des gangs de narcotrafiquants opèrent également dans le Nariño, département qui compte le plus de cultures de feuilles de coca du pays, premier exportateur mondial de cocaïne.

Le chef et candidat présidentiel de la Farc, Rodrigo Londoño alias "Timochenko", a affirmé ce weekend que, depuis la signature de la paix suivie du désarmement d'environ 7.000 combattants, 37 ex-guérilleros ont été assassinés.

Le président Juan Manuel Santos a gelé lundi les pourparlers de paix menés depuis février 2017 avec l'ELN suite à trois attentats des rebelles contre la police, qui ont fait sept morts et des dizaines de blessés.

Prix Nobel de la Paix 2016, il entend mettre fin au plus ancien conflit armé des Amériques qui a fait au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et environ 7,4 millions de déplacés internes.

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