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01/02/2018 07:21 EST

Brexit : l'UE affûte ses armes pour dissuader Londres de concurrence déloyale

L'UE songe à des mesures contre Londres si celle-ci se livrait à des pratiques considérées comme déloyales pour rendre son économie plus compétitive après le Brexit, a-t-on appris jeudi d'après un document de l'exécutif européen.

Les négociateurs européens du Brexit ont présenté la possibilité de telles méthodes à des diplomates des 27 autres pays de l'UE lors d'une réunion la semaine passée Bruxelles, a indiqué une source à l'AFP à propos de ce document.

Les 27 s'inquiètent de voir Londres au moment de son divorce avec l'UE attirer les investissements internationaux en proposant une fiscalité et une régulation plus avantageuse que celles en vigueur dans l'Union.

La Grande-Bretagne a annoncé son intention de quitter le marché unique et l'union douanière et ce document est la plus claire indication que l'Union cherche à élaborer des méthodes particulières en matière commerciale.

"L'accord passé entre l'UE et le Royaume-Uni va devoir inclure de solides dispositions pour garantir des conditions de concurrence équitables avec les Etats membres", écrit l'exécutif européen dans son document.

"Etant donné la proximité géographique et les liens historiques et exceptionnellement proches entre l'UE et le Royaume-Uni", Bruxelles estime que les exemples de partenariats existants entre l'UE et d'autres pays ne peuvent pas s'appliquer dans ce cas précis.

L'exécutif européen souligne également que l'UE s'est récemment dotée d'une liste de paradis fiscaux, qui pourrait être utilisée si la Grande-Bretagne baissait ses standards.

Parallèlement, lors d'une autre réunion "de débroussaillage", qui s'est tenu mardi à Bruxelles entre les 27 et les négociateurs de l'UE sur les services financiers, il a été constaté que si la Grande-Bretagne quittait le marché unique et l'union douanière, elle n'avait aucun espoir de garder son passeport financier qui lui permet de proposer ses services sur l'ensemble du continent depuis le Royaume-Uni, selon une autre source.

En clair, comme l'a déjà répété à maintes reprises le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, Londres ne peut espérer un accord de libre-échange incluant l'ouverture aux services financiers. Une position défendue par la France.

"Certains pays, dont le Luxembourg, ont toutefois souligné, lors de cette réunion, qu'il ne fallait pas totalement fermer la porte à Londres, tant que cette dernière n'avait pas clarifié sa position", a ajouté cette source.

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