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01/02/2018 12:16 EST | Actualisé 01/02/2018 22:42 EST

Barrette exhorte les infirmières à occuper les postes disponibles

QUÉBEC — Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, exhorte les infirmières à occuper les nombreux postes à temps plein présentement disponibles dans le réseau, afin de régler le problème des heures supplémentaires obligatoires.

Plus vite ces postes seront pourvus, plus vite le problème des quarts de travail supplémentaire obligatoires sera réglé, a fait valoir le ministre, jeudi matin, lors d'une mêlée de presse, en marge d'une réunion du caucus des députés libéraux.

Le ministre a insisté pour dire qu'il fallait briser le cercle vicieux plaçant actuellement dos à dos le gouvernement et les infirmières, qui se disent surchargées et épuisées.

En grand nombre, des infirmières refusent de prendre un poste à temps plein, de crainte d'être ainsi contraintes de faire régulièrement des heures supplémentaires obligatoires. Résultat: les postes restent vacants.

Or, soutient le ministre, l'augmentation du nombre de postes à temps plein d'infirmières dans le réseau constitue la solution et non le problème.

Le ministère de la Santé évalue actuellement les besoins de main-d'oeuvre dans le réseau à 1968 infirmières.

À ce propos, il estime que le syndicat qui représente les infirmières, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), tient un discours «négatif» et contre-productif, ce qui ne contribue pas à rendre ces postes disponibles «attirants», selon lui.

Au passage, il a dénoncé la campagne de publicité «hypernégative» menée présentement par la FIQ. «Il y a une action concertée, c'est clair», selon le ministre qui demande au syndicat de changer son message.

«Ma job à moi, c'est de rendre disponibles les postes. Je l'ai fait», a-t-il dit, souhaitant que les infirmières répondront à l'appel.

Le ministre Barrette interpelle directement les infirmières: «Venez. Occupez les postes. Ça va régler le problème», promet-il, en ajoutant que les heures supplémentaires obligatoires ne sont «pas la norme» dans le réseau.

Ce problème commence d'ailleurs à se résorber, un certain nombre de postes disponibles ayant été octroyés au cours des derniers mois, a-t-il dit.

«La solution passe par du temps plein», a martelé le ministre, en s'affichant «du côté des infirmières» qui revendiquent de ne plus être obligées de faire des quarts de travail supplémentaire.

En conférence de presse, en après-midi, le premier ministre Philippe Couillard, lui-même un ancien ministre de la Santé, a jugé la situation «absurde» et a renchéri pour affirmer que «le jour où les postes à temps complet sont occupés, il va y avoir beaucoup moins de pression sur le temps supplémentaire obligatoire. Plus ces postes sont laissés vacants, plus la situation du temps supplémentaire va perdurer». 

Des infirmières excédées ont fait trois «sit-in» ce mois-ci à Trois-Rivières, en plus d'autres à Sorel, à Laval et au Suroît pour se plaindre de leurs conditions de travail.

Plus tôt cette semaine, une jeune infirmière de l'Estrie, Émilie Ricard, a exprimé sa détresse et décrit son épuisement professionnel dans un message devenu viral sur les réseaux sociaux.