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30/01/2018 00:56 EST

Syrie: des années d'efforts diplomatiques infructueux

De nombreuses initiatives ont été prises pour tenter de régler le conflit syrien, qui a fait plus de 340.000 morts depuis 2011, mais elles ont toutes échoué.

- Des 'solutions arabes' rejetées -

En janvier 2012, deux mois après l'échec d'un premier plan arabe prévoyant un arrêt des violences, la libération des détenus et le retrait de l'armée des villes, les chefs de diplomatie arabes adoptent une initiative prévoyant un transfert de pouvoirs du président Bachar al-Assad à son adjoint et un cabinet d'union.

"Finies les solutions arabes", affirme le régime, se disant déterminé à en finir avec la révolte, réprimée dans le sang.

- Genève I: formulation ambiguë -

Le 30 juin 2012 à Genève, le "Groupe d'action sur la Syrie" (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, des représentants de la Ligue arabe, de la Turquie et de l'Union européenne) s'accorde sur les principes d'une transition.

Le plan prévoit la mise en place "par consentement mutuel" d'un "gouvernement de transition ayant les pleins pouvoirs", mais il ne précise pas le sort d'Assad.

Les Etats-Unis estiment que le plan ouvre la voie à l'ère "post-Assad", alors que la Russie et la Chine, alliées du régime, réaffirment qu'il revient aux Syriens de déterminer leur avenir.

- Genève II: pas d'ordre du jour -

En janvier 2014, les premiers pourparlers entre opposition et régime se tiennent à Genève sous la pression des Etats-Unis et de la Russie.

Le 15 février, après une deuxième session de négociations sans avancée, le médiateur de l'ONU, Lakhdar Brahimi, qui avait remplacé Kofi Annan en 2012, met fin aux discussions avant de démissionner à son tour.

- Processus de Vienne -

En novembre 2015, un Groupe international de soutien à la Syrie est mis sur pied à Vienne. Il regroupe 23 puissances mondiales, régionales et organisations multilatérales, dont les Etats-Unis, la Russie, l'Arabie saoudite, l'Iran, la Turquie, l'ONU et l'UE.

Le groupe se dote d'une feuille de route portant sur un cessez-le-feu, une aide humanitaire et une amorce de processus politique entre le régime et l'opposition modérée. Mais l'avenir d'Assad n'est pas réglé.

Le 18 décembre, le processus de Vienne est validé par l'ONU.

- Neuf rounds à l'ONU -

Début 2016, trois rounds de négociations indirectes entre régime et groupes de l'opposition se tiennent à Genève, sous la supervision de l'émissaire de l'ONU, Staffan de Mistura. Ils bloquent sur les modalités d'une transition et se heurtent à des violations d'une trêve.

De mars à juillet 2017, quatre séries de pourparlers indirects sont organisées, sans résultat.

Le 14 décembre, à l'issue d'un nouveau cycle de négociations, l'émissaire de l'ONU accuse Damas d'avoir fait capoter les pourparlers en refusant de dialoguer avec l'opposition. "C'est une occasion en or manquée", déclare M. de Mistura.

Le 26 janvier 2018, le neuvième cycle onusien s'achève sans succès à Vienne. Les négociations se déroulaient d'ordinaire à Genève, mais ont été délocalisées pour des raisons logistiques.

- Sous l'égide de Moscou -

En janvier 2017, la Russie et l'Iran, alliés du régime, et la Turquie, soutien des rebelles, organisent à Astana (Kazakhstan), sans l'implication de Washington, des discussions réunissant pour la première fois des représentants du régime et une délégation rebelle.

Ces trois "parrains" ont pris en main le dossier syrien en imposant fin décembre 2016 un cessez-le-feu entre armée et rebelles. Engagée militairement depuis 2015, la Russie a changé la donne dans le conflit en volant au secours de l'armée syrienne.

Sept cycles de négociations ont depuis eu lieu et abouti à un accord sur la mise en place de quatre "zones de désescalade", permettant une diminution des violences sans les faire cesser.

- Sotchi sans l'opposition -

Le 30 janvier 2018, les représentants de la société civile et politique syrienne doivent se réunir à Sotchi, à l'initiative de Moscou, avec pour objectif de définir une nouvelle Constitution pour le pays.

Mais le Comité des négociations syriennes (CNS), qui représente les principaux groupes d'opposition, et les Kurdes, cibles d'une offensive turque, ont refusé d'y participer.

acm/feb